Nouvelles orientations de la recherche sur les relations : En première ligne de la SPSP

Récemment, nous avons été nombreux à la Science des relations à participer à la conférence annuelle dela Society for Personality and Social Psychology à Austin, au Texas. La recherche sur les relations étroites y était bien représentée, avec des symposiums couvrant un large éventail de sujets, notamment le soutien social dans les relations, les réseaux sociaux, l’évolution et le comportement sexuel, l’attachement, et bien d’autres encore. Pour ma part, j’ai eu la chance d’assister à des exposés fascinants de chercheurs qui ont abordé des questions intéressantes dans deux de mes domaines de recherche préférés, étroitement liés : le soutien social (c’est-à-dire la manière dont les personnes en relation s’entraident) et la réactivité (c’est-à-dire la manière dont le comportement d’un proche nous donne le sentiment d’être compris, pris en charge et validé).

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L’une des sessions a présenté des recherches qui ont jeté un nouvel éclairage sur les modèles de comportement de soutien dans les relations intimes.1,2 Conformément à la théorie classique du soutien et à la recherche actuelle,3,4 de nouvelles preuves suggèrent que le soutien social est plus efficace pour les fournisseurs et les bénéficiaires lorsqu’il est bien adapté aux besoins du destinataire. Dans une série de trois études sur le soutien dans les amitiés proches, les chercheurs ont constaté que lorsque les individus étaient affligés par des échecs personnels (par exemple, ne pas obtenir une promotion au travail ou recevoir des commentaires négatifs sur une évaluation), ceux qui avaient une faible estime d’eux-mêmes préféraient recevoir un soutien sous la forme d’une validation négative (par exemple, « C’est vraiment décevant de recevoir une évaluation comme celle-là, n’est-ce pas ? ») plutôt qu’un recadrage positif (par exemple, « Courage, ce n’est pas si grave. Tu feras mieux la prochaine fois. »). La raison ? La validation négative, bien qu’elle semble être une « mauvaise » forme de soutien, est probablement plus cohérente avec la vision que les personnes ayant une faible estime de soi ont d’elles-mêmes.5 En d’autres termes, les personnes qui se voient sous un jour négatif peuvent être moins réceptives à un soutien visant à renforcer leur estime de soi, parce qu’un tel soutien ne leur semble pas vrai.

En outre, les études ont montré que si les prestataires de soutien semblaient conscients du fait que leurs efforts de soutien devaient correspondre aux besoins de leurs amis à faible estime de soi, ils essayaient généralement de fournir des formes « positives » de soutien en dépit de cela. Ce soutien n’a généralement pas été bien accueilli et, en fin de compte, ces personnes se sont senties moins bien dans leur peau et dans la qualité de leurs amitiés par la suite. Si vous n’avez jamais réussi à remonter le moral d’un ami, ce sentiment vous est peut-être familier. En effet, lorsque les messages de soutien tombent dans l’oreille d’un sourd, les prestataires peuvent commencer à remettre en question leur valeur en tant que source de soutien et à se demander si leurs amis apprécient leurs efforts d’aide (par exemple : « Mon ami a-t-il seulement besoin de moi en ce moment ? Mon ami a-t-il besoin de moi en ce moment ? Se soucie-t-il du fait que j’essaie de l’aider ?)

La question est de savoir pourquoi la connaissance apparente des besoins de son ami par le prestataire de soutien ne se traduit pas par un soutien adapté. Il se peut que le fait de soutenir l’estime d’un ami ayant une faible estime de soi semble être la seule chose sensée à faire lorsque cet ami est confronté à des échecs. Malgré cette intuition, il peut être préférable d’apporter aux autres le soutien qui correspond le mieux à leurs besoins et qui valide leur vision d’eux-mêmes – même si cette vision n’est pas particulièrement positive. En effet, ce type de validation est un élément clé de la réactivité – et la réactivité peut faire une grande différence lorsqu’il s’agit d’apporter un soutien efficace à nos proches.3

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1Marigold, D., Cavallo, J.V., & Holmes, J.G. (2014). Pourquoi les fournisseurs de soutien peuvent ne pas se comporter de manière réactive envers les amis à faible estime de soi. Document présenté lors de la15e réunion annuelle de la Society of Personality and Social Psychology. Février. Austin, TX.

2Marigold, D.C., Cavallo, J.G., Holmes, J.G., & Wood, J.V. (sous presse). You can’t always give what you want : The challenge of providing social support to low self-esteem individuals. Journal of Personality and Social Psychology.

3Cutrona, C. E. et Russell, D. W. (1990). Type of social support and specific stress : Toward a theory of optimal matching. In B.R. Sarason, I.G. Sarason, & G.R. Pierce (Eds.) Social support : An interactional view. Wiley series on personality processes. (pp. 319-366). Oxford, Angleterre : John Wiley & Sons.

4Maisel, N. C. et Gable, S. L. (2009). Le paradoxe du soutien social reçu : The Importance of Responsiveness. Psychological Science, 20(8), 928-932.

5SwannJr, W. B., & Read, S. J. (1981). Self-verification processes : How we sustain our self-conceptions. Journal of Experimental Social Psychology, 17(4), 351-372.

Fred Clavél, M.A. – Articles surla science des relations

Fred s’intéresse à la dynamique du soutien social dans les couples romantiques, aux effets du contexte sur les relations, aux relations et à la santé et au bien-être, ainsi qu’aux questions relatives au soi dans les relations. Ses recherches s’appuient principalement sur les théories de l’échange social, de l’attachement, de la motivation et de la cognition sociale. Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...