Ne vous mettez pas au lit en colère (et bonne chance pour passer une bonne nuit de sommeil si vous le faites)

J’ai remarqué qu’à l’heure des discours de mariage (ma partie préférée), il y a un certain conseil qui sera presque certainement prononcé dans le micro. Qu’il s’agisse du père de la mariée, d’une dame d’honneur mariée depuis longtemps ou de la tante Rose du marié, quelqu’un semble toujours conseiller aux joyeux jeunes mariés de « ne jamais se coucher fâchés ». Cette petite pépite de sagesse mérite-t-elle vraiment de surpasser « soyez gentils l’un envers l’autre » ou « faites la vaisselle sans qu’on vous le demande » ? Il est probable que oui. Si vous tenez à passer une bonne nuit de sommeil, « ne vous mettez jamais en colère » pourrait bien être le meilleur conseil que l’on puisse vous donner.

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Si vous êtes comme moi, vous êtes un monstre autoritaire et agaçant lorsqu’il s’agit de protéger votre temps de sommeil sacré. Et pour cause ! Le sommeil est un comportement important pour la santé : le manque de sommeil est associé aux maladies cardiovasculaires, au diabète, à l’obésité et à d’autres problèmes de santé. Même un sommeil de 6 heures (au lieu des 8 heures recommandées) peut provoquer une réaction de stress, des déficits cognitifs et entraver votre système immunitaire.1 C’est aussi probablement le comportement de santé sur lequel les relations ont le plus d’impact. Il se peut que vous ne mangiez ou ne fassiez pas toujours de l’exercice avec votre partenaire, mais il y a de fortes chances que vous partagiez son lit. Cela peut signifier que vos nuits sont ponctuées de ronflements dérangeants et de batailles pour savoir qui a volé la couverture. Ou, comme dans mon cas, vous vous réveillez peut-être avec des accusations selon lesquelles vous avez essayé de battre les ronflements de votre partenaire dans votre sommeil. Pas de commentaire.

Qu’en est-il de cette histoire de colère au lit ? Est-ce important ? Dans le cadre d’une étude portant sur 39 couples cohabitant, les chercheurs ont utilisé des carnets de bord quotidiens pour interroger les participants sur les conflits qu’ils avaient avec l’autre chaque soir et sur la qualité de leur sommeil chaque matin pendant troissemaines2. Cela était particulièrement vrai pour les personnes souffrant d’une forte anxiété liée à l’attachement, c’est-à-dire celles qui ont tendance à être collantes et particulièrement soucieuses de préserver l’intimité de leur relation. Il est possible que ces personnes aient été particulièrement enclines à ruminer la dispute. En revanche, c’est moins vrai pour les personnes ayant un niveau élevé d’évitement de l’attachement, c’est-à-dire celles qui sont particulièrement retenues dans leurs relations et préfèrent un niveau d’indépendance plus élevé. Il s’agit d’un cas où l’évitement de l’attachement peut protéger les individus des événements relationnels négatifs !

Il est également prouvé que cela fonctionne dans l’autre sens : Nous sommes plus susceptibles de nous disputer avec notre partenaire après une mauvaise nuit de sommeil(pour en savoir plus sur cette recherche, cliquez ici). Vous savez, le cercle vicieux.

Alors peut-être que tante Rose et les pères des mariées ont raison : Maquillez-vous avant d’aller au lit, si vous le pouvez. Vous passerez ainsi une meilleure nuit de sommeil, vous éviterez les bagarres futures (et peut-être même ce vilain rhume qui semble se propager).

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1Pejovic, S., Basta, M., Vgontzas, A. N., Kritikou, I., Shaffer, M. L., Tsaossoglou, M., et al. (2013). The effects of recovery sleep after one work week of mild sleep restriction on interleukin-6 and cortisol secretion and daytime sleepiness and performance. American Journal of Endocrinology and Metabolism. Publié en ligne le 13 août 2013. DOI:

2Hicks, A. M. et Diamond, L. M. (2011). Don’t go to bed angry : Attachement, conflit et réactivité affective et physiologique. Personal Relationships, 18, 266-284. DOI: 10.1111/j.1475-6811.2011.01355.x

Dr. Maryhope Howland Rutherford – Science of Relationships articles 

Maryhope’s research explores how interactions in close relationships, such as the provision of social support, may impact our our mental and physical health. She is also interested in how our ability to read our partners’ minds (also called empathic accuracy) impacts our relationships and our ability to provide good support to our partners. Her other research interests include humor in relationships, relationships and sleep, and social aspects of eating behaviors.  Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...