Mesurer la sécurité de l’attachement – Un peu ou beaucoup ?

Mesurer un trait de personnalité est une entreprise délicate, et la sécurité de l’attachement ne fait pas exception à la règle. Comme je l’ai déjà mentionné dans cet article sur l’attachement, une personne peut parfois présenter un niveau d’insécurité léger ou modéré, ce qui est tout à fait différent d’une insécurité extrême. Il n’est peut-être pas tout à fait exact de classer les gens dans l’un des trois groupes, tant les comportements varient d’une personne à l’autre.

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Quelle est donc la meilleure façon de mesurer la sécurité relationnelle d’une personne ? Auparavant, les psychologues utilisaient des catégories (les personnes s’évaluaient comme « sûres », « anxieuses-ambivalentes » ou « évitantes »), ce qui signifiait que les personnes étaient obligées de se classer comme sûres ou insécurisées. Plus récemment, les psychologues ont décidé de mesurer l’attachement à l’aide d’une série de questions courtes qui permettent d’obtenir un éventail plus large de résultats. L’échelle « Experiences in Close Relationships « 1 (l’enquête sur l’attachement la plus répandue) mesure le degré d’évitement et d’anxiété d’une personne dans ses relations en demandant aux participants de répondre à 36 questions, sur une échelle de 1 à 7. De nombreuses personnes se situent entre les deux (3 ou 4) pour l’un des traits d’insécurité ; il est plus rare que les personnes se classent elles-mêmes comme très insécurisées. Le fait de permettre aux gens de varier sur des « dimensions » particulières de l’attachement peut nous donner une image plus précise de la façon dont les gens se sentent et se comportent dans leurs relations.

D’autres traits de personnalité que l’attachement sont mesurés de la même manière. Par exemple, le trait introversion-extroversion (également connu sous le nom de « timide » ou « extraverti ») est également mesuré sur une échelle de 1 à 7. Une personne peut donc se situer au milieu (ou être modérément timide) plutôt que d’être l’un ou l’autre. Cette façon de mesurer l’attachement est bénéfique pour une autre raison : elle permet aux chercheurs d’évaluer si une personne est à la fois très anxieuse et très évitante, ou si elle n’est ni l’une ni l’autre. Une personne qui présente un niveau élevé d’attachement anxieux et évitant est vraiment peu sûre d’elle, tandis qu’une personne qui présente un niveau faible d’anxiété et d’évitement est sûre d’elle. Ce modèle « bidimensionnel » de l’attachement est joliment illustré ici (voir également l’image ci-dessous).

Source de l’image : http://internal.psychology.illinois.edu/~rcfraley/mesures/mesures.html

Cependant, certains chercheurs spécialisés dans l’attachement affirment que nous ne devrions pas utiliser d’enquêtes du tout ! Les psychologues du développement n’hésitent pas à souligner qu’il est difficile pour quiconque d’être conscient de ses propres insécurités et que les gens peuvent donner des informations inexactes dans un questionnaire. Ces psychologues estiment qu’il est préférable d’utiliser des méthodes indirectes telles que les entretiens, les tâches de temps de réaction ou les questions à choix multiples. Grâce à ces méthodes, les réponses des personnes sont « codées » ou notées en fonction de la sécurité ou de l’insécurité. Ces réponses codées ne correspondent PAS du tout aux résultats d’un questionnaire.

Ceci est similaire aux mesures « implicites vs. explicites » des préjugés raciaux. Des chercheurs de Harvard ont découvert que certaines personnes n’admettaient pas avoir des préjugés à l’égard des Afro-Américains dans le cadre d’une enquête, mais que lorsqu’elles répondaient au « test d’association implicite » (IAT), leur temps de réaction révélait un préjugé mental dont elles n’étaient pas conscientes.2 Dans une étude similaire sur l’attachement, moins de la moitié des personnes jugées peu sûres d’elles-mêmes se considéraient en fait comme peu sûres d’elles.3 De même que certaines personnes ont des idées préjudiciables sans en être conscientes, certaines personnes ont des insécurités relationnelles dont elles ne sont pas conscientes. Tout comme certaines personnes ont des idées préconçues sans en être conscientes, certaines personnes ont des insécurités relationnelles dont elles ne sont pas conscientes.

Vous souhaitez en savoir plus sur les relations ? Cliquez ici pour d’autres sujets sur la science des relations. Likez-nous sur Facebook pour recevoir nos articles directement dans votre fil d’actualité.

1Brennan, K. A., Clark, C. L. et Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment : An integrative overview. In J. A. Simpson, W. Rholes, J. A. Simpson, W. Rholes (Eds.) , Attachment theory and close relationships (pp. 46-76). New York, NY US : Guilford Press.

2Greenwald, A. G., McGhee, D. E., & Schwartz, J. K. (1998). Measuring individual differences in implicit cognition : The implicit association test. Journal of Personality and Social Psychology, 74(6), 1464-1480.

3Crowell, J. A., Treboux, D., & Waters, E. (1999). The Adult Attachment Interview and the Relationship Questionnaire : Relations to reports of mothers and partners. Personal Relationships, 6(1), 1-18.

Dr. Dylan Selterman – Articles surla science des relations Site web/CV
Les recherches du Dr Selterman portent sur la personnalité sûre et la personnalité insécure dans les relations. Il étudie comment les gens rêvent de leur partenaire (et d’autres solutions) et comment les rêves influencent le comportement. En outre, le Dr Selterman étudie le soutien de base sécurisé dans les couples, la jalousie, la moralité et la mémoire autobiographique.

Source de l’image : www.squidoo.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...