Malcolm X, psychologue : Le marteau de la vie

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Source : Wikimedia Commons

Malcolm X était un excellent psychologue.

Dans le livre Remembering Malcolm, écrit par son assistant Benjamin Karim, nous lisons cette histoire sur la façon dont Malcolm X a éduqué ses disciples les plus proches sur la vie :

« La survie, nous a-t-il enseigné à tous dans le restaurant ce jour-là, exige de la discipline, de la fibre spirituelle, de l’intelligence et de la débrouillardise… Il comparait la vie à un marteau et les êtres humains au métal et au verre. Un marteau qui frappe le métal peut le forger pour en faire un bol, un outil ou tout autre instrument utile, disait-il, mais un marteau qui frappe le verre le brise en milliers de fragments et d’éclats.

Une vie entière permet de marteler ce dont nous sommes faits pour devenir ce que nous sommes« .

Cette métaphore explique parfaitement ce que les chercheurs appellent l’interaction gène-environnement. Nous avons tendance à penser à la nature et à l’éducation, aux gènes/à la biologie et à l’environnement, comme s’il s’agissait de deux choses différentes et distinctes. Pourtant, dans de nombreux aspects du comportement humain, la nature et l’éducation interagissent. Si vous n’avez pas les mêmes gènes ou la même biologie qu’une autre personne, le même environnement aura un effet différent sur vous. C’est ce qu’expliquait Malcolm X.

Et si vous n’avez pas la biologie du métal, vous pouvez essayer d’en avoir le plus possible, de travailler sur vous-même pour que ce que vous êtes se renforce face au marteau de la vie. On vous donne une biologie et une génétique, mais vous pouvez en modifier les effets par ce que vous apprenez de la vie et par la façon dont vous forgez votre caractère.

La métaphore du marteau pour la vie peut sembler dure. C’est peut-être le cas, en effet. La vie peut être très dure. Mais un marteau peut aussi être petit, ou frapper légèrement, comme lorsqu’un sculpteur apporte de petites modifications à un buste. La vie peut vous blesser avec des coups de marteau puissants, mais elle peut aussi vous transformer en quelque chose de meilleur avec des coups légers. Ce qui compte, c’est tout autant ce à quoi vous vous exposez et la manière dont vous y réagissez.

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Ce qui compte, c’est qui nous sommes, de quoi nous sommes faits, ce que sont notre biologie et notre génétique ; ce qui compte aussi, c’est ce que nous vivons. De nombreuses personnes, en particulier parmi les élites standard d’écrivains, de journalistes et de commentateurs, veulent ignorer le premier aspect au profit du second. Ils ne peuvent pas accepter, par exemple, que la maladie maniaco-dépressive puisse être une clé importante pour devenir un grand leader de crise, contrairement aux explications sociales et culturelles habituelles. Ils craignent la biologie et surestiment le contrôle qu’ils exercent sur eux-mêmes. Ils se méprennent ainsi sur eux-mêmes et, plus important encore, ratent l’occasion de s’engager dans les expériences de la vie d’une manière qui les rendra meilleurs.

Deviens ce que tu es, disait Nietzsche, une phrase qui a suffisamment de sens pour protéger la complexité de l’idée.

Une vie entière permet de marteler ce dont on est fait pour devenir ce que l’on est. Voilà une autre idée qui mérite réflexion.