Au Royaume-Uni, une vaste enquête a révélé que 42 % des Britanniques ne se sentent pas sûrs de leur apparence. Les femmes se sentent plus insécurisées que les hommes, puisque 49 % d’entre elles se disent insécurisées par leur apparence, contre 34 % des hommes. Ces chiffres sont presque deux fois plus élevés qu’il y a dix ans.
Pourquoi les personnes insatisfaites de leur apparence sont-elles plus nombreuses que jamais ? La recherche en sciences sociales a identifié les médias sociaux et l’augmentation récente des vidéoconférences comme des facteurs clés. Ces activités axées sur l’apparence peuvent avoir un impact négatif sur l’estime de soi.
Les médias sociaux offrent aux utilisateurs la possibilité de présenter les meilleures versions d’eux-mêmes au public. La notion d’influenceur sur les médias sociaux a suscité une forte pression pour que les gens se concentrent sur leur apparence en utilisant leurs plateformes de médias sociaux respectives pour « influencer » les autres afin qu’ils adoptent un look ou un comportement spécifique.
Snapchat et Instagram seraient au cœur de ce phénomène. Ces applications permettent d’imiter les influenceurs grâce à des filtres qui peuvent modifier l’anatomie du visage de l’utilisateur, blanchir les dents et changer la texture et le teint de la peau. Ces filtres propagent malheureusement un environnement dans lequel les seules images que de nombreux utilisateurs jugent dignes d’être publiées sont celles qui sont passées au crible. La création d’une image idéalisée du « pseudo-self » peut conduire à un sentiment d’insécurité par rapport à l’apparence réelle.
Avec la pandémie de COVID-19, la vidéoconférence est devenue un moyen de communication essentiel pour les entreprises et les familles, plaçant effectivement un miroir devant les gens pendant une grande partie de leur temps de travail et de leur temps personnel. De nombreuses personnes constatent que le fait de se regarder dans des interactions sociales virtuelles a attiré l’attention sur des imperfections de leur apparence faciale qui n’étaient pas aussi flagrantes auparavant. En conséquence, les gens se tournent vers une variété de stratégies de modification de l’apparence pour leurs appels, comme le changement de maquillage, d’éclairage ou d’angle de caméra. À l’instar de l’accent mis sur l’apparence dans de nombreuses applications de médias sociaux, cette exposition extensive à sa propre apparence par le biais de la vidéoconférence peut également contribuer à un sentiment d’insécurité.
La prévalence croissante des médias sociaux et le changement de paradigme qui s’opère avec la vidéoconférence ont tous deux un impact sur l’estime et l’image de soi. Au fil des ans, les chercheurs ont démontré que l’image de soi est étroitement liée à la satisfaction générale dans la vie. Une enquête nationale réalisée en 2016 auprès de 12 000 adultes américains met en évidence ce lien. Dans cette étude, la satisfaction à l’égard de l’apparence était le troisième facteur prédictif de la satisfaction globale à l’égard de la vie pour les femmes, juste derrière la satisfaction à l’égard de leur situation financière et la satisfaction à l’égard de leur partenaire romantique. De même, chez les hommes, la satisfaction à l’égard de l’apparence était le deuxième facteur prédictif de la satisfaction à l’égard de la vie, juste derrière la satisfaction à l’égard de la situation financière. Il est intéressant de noter que cette étude a également révélé que plus les gens s’engagent dans les médias sociaux, moins ils sont satisfaits de leur apparence et de leur poids.
Depuis la réouverture des portes aux interventions chirurgicales non urgentes pendant la pandémie de COVID, les chirurgiens esthétiques du visage ont constaté une augmentation spectaculaire de la demande d’interventions chirurgicales et non chirurgicales visant à améliorer l’apparence des patients. Si certains considèrent la chirurgie esthétique comme un acte vaniteux et matérialiste, d’autres considèrent ces traitements comme thérapeutiques. À une époque où l’on doute de soi, alimenté par les photos perfectionnées des médias sociaux et les vidéoconférences, il sera intéressant de voir comment les traitements cosmétiques du visage évolueront.