La santé mentale chez les personnes présentant une déficience intellectuelle

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THE BASICS

Points clés

  • Au Canada et aux États-Unis, les personnes handicapées mentales sont en moins bonne santé physique et mentale.
  • De nombreux athlètes présentant une déficience intellectuelle utilisent des stratégies d’évitement pour faire face aux sentiments négatifs qui peuvent surgir.
  • En pratiquant la promotion de la santé mentale au quotidien, nous pouvons prendre des mesures pour renforcer leur résilience et leur autorégulation.
Puwadon Sang-ngern/Pexels
Puwadon Sang-ngern/Pexels

Les personnes souffrant de déficiences intellectuelles sont plus exposées à divers problèmes de santé. En général, elles ont tendance à être moins actives physiquement. Au Canada comme aux États-Unis, les personnes ayant une déficience intellectuelle ont une moins bonne santé physique et mentale. Ces personnes sont également susceptibles d’utiliser davantage de services de soins de santé que les personnes sans déficience intellectuelle(Lin et al., 2019; Ervin et al., 2014).

Special Olympics, une organisation à but non lucratif proposant des programmes sportifs aux personnes souffrant de déficiences intellectuelles, s’est efforcée de faire tomber les barrières et d’offrir aux personnes souffrant de déficiences intellectuelles des opportunités sportives. Non seulement les athlètes pratiquent une activité physique au sein de cette organisation, mais c’est aussi un espace qui leur permet d’entrer en contact les uns avec les autres et de construire une communauté.

Les Jeux olympiques spéciaux ont évolué au fil des ans, développant en 1997 le programme Healthy Athletes, qui comprend un soutien sanitaire adapté aux personnes présentant une déficience intellectuelle, tel que des contrôles de la vue et de l’ouïe. Le programme Strong Minds a récemment été ajouté aux épreuves olympiques. Il offre une opportunité incroyable d’enseigner à ces athlètes (et à leurs entraîneurs/parents/travailleurs) des stratégies pratiques en matière de santé mentale.

La santé mentale est un sujet qui évolue lentement et qui continue d’être stigmatisé dans la population en général, et en particulier chez les personnes présentant une déficience intellectuelle. Les chercheurs ont constaté que même le personnel travaillant dans les services d’urgence des hôpitaux a tendance à mal comprendre la santé mentale des personnes présentant une déficience intellectuelle. Ces personnes sont souvent ignorées lorsqu’elles tentent de s’exprimer et elles ont tendance à se sentir rejetées ou non respectées par le personnel soignant(Spassiani et al., 2017). Pourtant, la recherche a montré qu’au moins 40 % des personnes présentant une déficience intellectuelle et vivant dans la communauté souffrent de troubles psychiatriques comorbides(Cooper et al., 2015).

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Lors de ma récente participation au programme Strong Minds à Grand Falls (Terre-Neuve), les athlètes étaient ravis d’apprendre les stratégies de santé mentale, même s’ils avaient tendance à parler de « bonheur » et à éviter toute notion de « stress », malgré la nature du stress qui entre en jeu dans le sport. En outre, ces personnes ont nié s’être jamais senties stressées, se contentant d’évoquer des sentiments « heureux ». En effet, les recherches menées dans le cadre des Jeux olympiques spéciaux ont montré que la majorité de ces athlètes utilisent des stratégies d’évitement (par exemple, regarder la télévision) pour faire face aux sentiments négatifs qui peuvent surgir.

La question qui se pose est donc la suivante : Comment aider à normaliser les différents sentiments qu’éprouvent les personnes ayant une déficience intellectuelle et briser la stigmatisation liée à la santé mentale? Car aussi solide que soit le programme « Strong Minds », il est peu probable qu’il ait un impact durable s’il n’y a que peu ou pas de compréhension ou de discussion de la gamme d’émotions de ces personnes.

S’il reste du travail à faire pour former les cliniciens des services d’urgence vers lesquels les personnes déficientes intellectuelles se tournent pour obtenir de l’aide, l’éducation à la santé mentale des personnes déficientes intellectuelles doit également être axée sur les personnes qui leur sont les plus proches : parents, entraîneurs, amis et collègues de travail.

L’ESSENTIEL

D’un point de vue pratique, outre l’accent mis sur la formation continue en matière de santé mentale et de déficience intellectuelle, voici quelques moyens d’optimiser la santé mentale des personnes déficientes intellectuelles :

  1. Explorer les différentes émotions et la prise de conscience des personnes handicapées intellectuelles sans porter de jugement, avec acceptation et patience. Par exemple, on peut expliquer qu’il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » émotions et que nous manifestons tous nos émotions différemment. Des supports visuels, tels que les zones de régulation, peuvent être utiles dans cette exploration.
  2. L’exploration de l’emplacement de nos émotions dans notre corps peut également contribuer à la prise de conscience et à la compréhension du lien entre nos émotions et notre corps. Des explorations visuelles accompagnées d’exercices (par exemple, des balayages corporels) peuvent s’avérer utiles. Une fois la prise de conscience effectuée, des exercices de relaxation corporelle progressive peuvent être effectués pour renforcer la capacité à contrôler le corps et les émotions.
  3. Enfin, l’établissement de liens avec le pouvoir des pensées sur nos émotions est un moyen important de prendre conscience des émotions stressantes et d’y faire face. Les aides visuelles sont importantes pour aider les personnes souffrant de déficiences intellectuelles à comprendre. L’une d’entre elles consisterait à explorer les pensées à l’aide d’un bocal à pensées, qui permet d’explorer visuellement différentes pensées et sentiments par le biais d’un engagement pratique. Un autre moyen consiste à donner l’occasion d’identifier des pensées puissantes/utiles et des affirmations positives que ces personnes peuvent utiliser pendant les périodes de stress.

Bien qu’il soit important de reconnaître le chemin parcouru dans la compréhension des besoins de santé des personnes ayant une déficience intellectuelle, il reste encore du travail à faire. En pratiquant la promotion de la santé mentale dans la vie de tous les jours par le biais de stratégies qui se sont avérées utiles pour les personnes présentant une déficience intellectuelle (par exemple, l’identification et l’exploration des différentes émotions, la manière de faire face aux émotions stressantes), nous pouvons prendre des mesures pour renforcer leur résilience et leur propre autorégulation.

Références

Cooper, S.A., McLean, G., Guthrie, B., McConnachie, A., Mercer, S., Sullivan, F. et al. (2015). Multiple physical and mental health comorbidity in adults with intellectual disabilities : population-based cross-sectional analysis (Comorbidité physique et mentale multiple chez les adultes ayant une déficience intellectuelle : analyse transversale basée sur la population). BMC Fam. Pract. 16.

Lin, E., Balogh, R.S., Durbin, A., Holder, L., Gupta, N., Volpe, T., Isaacs, B.J., Weiss, J.A., Lunsky, Y. (2019). Combler les lacunes dans les services de soins de santé utilisés par les adultes ayant une déficience intellectuelle en Ontario. Toronto, ON : ICES.

Spassiani, N., Abou Chacra, M.S., Lunsky, Y. (2017). « Pourquoi êtes-vous ici ? Vous ne pouvez pas vous débrouiller chez vous ? » La crise psychiatrique des personnes avec une déficience intellectuelle et la réponse de la communauté. Journal de recherche en santé mentale dans les déficiences intellectuelles, 10(2).