En tant que thérapeute, je vois beaucoup d’enfants et d’adolescents qui éprouvent des émotions extrêmes. Certains souffrent de troubles mentaux tels que la dépression ou un autre trouble de l’humeur, d’autres non. Dans un cas comme dans l’autre, de nombreux parents veulent savoir pourquoi leur enfant se sent si triste, si seul, si épuisé, si apathique ou si en colère, et certains ajoutent même : « Je lui donne tout. Elle a une vie formidable. Il n’y a aucune raison pour qu’elle se sente ainsi ». (Oui, l’affirmation « je lui donne tout » est celle que j’entends le plus souvent).
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Les 3 causes possibles des troubles de l’humeur
Les questions comme celles mentionnées ci-dessus me permettent de répondre aux craintes et à la douleur des parents en leur expliquant gentiment certaines des théories sur les causes des troubles de l’humeur. En fait, il y a beaucoup de noms fantaisistes pour ces théories, mais les causes sont généralement un certain nombre de facteurs suivants qui agissent en combinaison :
1. Facteurs biologiques : neurotransmetteurs, hormones, différences neurologiques, etc.
2. Stress environnementaux : scénarios sans espoir, douloureux, accablants et solitaires et environnement invalidant.
3. Le tempérament individuel : la façon de penser de l’enfant, son seuil de tolérance à l’inconfort émotionnel, etc.
Cette explication n’implique nulle part que la dépression d’un enfant est due au fait que ses parents ne lui donnent pas assez.
Je constate souvent que les émotions extrêmes et/ou les troubles de l’humeur résultent d’une combinaison des trois causes susmentionnées.
Comment s’attaquer à chacune de ces causes ? Si nécessaire, un pédopsychiatre ou un médecin de famille peut s’attaquer aux composantes biologiques des humeurs et des comportements extrêmes. Un thérapeute individuel peut travailler avec l’enfant pour améliorer sa tolérance personnelle à la détresse et ses capacités d’adaptation, et modifier ses modes de pensée pour qu’ils soient moins problématiques. Enfin, les parents peuvent s’attaquer aux facteurs environnementaux. C’est pourquoi la consultation parentale et souvent la thérapie familiale sont très utiles pour le bien-être émotionnel de l’enfant.
Créer un environnement de validation
Mais quelle est la chose la plus importante qu’un parent puisse faire pour un enfant très émotif ?
La meilleure façon pour les parents d’aborder les facteurs environnementaux est de créer ce que l’on appelle un « environnement validant », c’est-à-dire d’écouter et d’honorer le point de vue de l’enfant et ce qu’il est, même si son point de vue n’est pas agréable, est difficile à entendre ou ne correspond pas à ce que veulent les parents. En d’autres termes, il s’agit de faire savoir à l’enfant que ses sentiments sont compréhensibles et qu’il n’y a pas de mal à être soi-même.
4 Exemples d’invalidation et de validation
Voici quelques exemples de validation et d’invalidation :
1. Invalidation : « Détendez-vous. Ce n’est pas si grave. »
Validation : « Je comprends que cela puisse être bouleversant ».
2. Invalidation : « Vous ne le pensiez pas vraiment ».
Validation : « Parlez-moi de cela ».
3. Invalidation : « Arrêtez de vous mettre en colère ».
Validation : « C’est normal d’être en colère, et je peux comprendre pourquoi vous êtes en colère, mais ce n’est pas normal de foncer dans le mur ».
4. Invalidation : « Comment peux-tu être aussi égoïste ? »
Validation : « Je peux comprendre que vous soyez obligé de faire cela, mais nous devons trouver un moyen de rendre tout le monde heureux, et pas seulement vous ».
3 raisons pour lesquelles l’invalidation survient
Souvent, les obstacles qui empêchent la validation des environnements sont dus à l’une de ces trois raisons :
1. Les parents ne comprennent vraiment pas que leur enfant soit si bouleversé.
Ils ne peuvent légitimement pas comprendre pourquoi ou comment un enfant peut être si émotif, et sont souvent agacés ou dédaigneux face aux sentiments de l’enfant. Dans ce cas, il est parfois utile de considérer votre enfant comme une « personne très sensible » (voir « The Highly Sensitive Child » d’Elaine Aron) plutôt que comme une personne défectueuse et problématique. Pensez à ce que doit être la vie d’une personne aussi sensible et commencez à apprécier votre enfant pour ce qu’il est.
2. Les propres angoisses des parents sont déclenchées lorsque leur enfant éprouve des émotions difficiles ou extrêmes.
Parfois, leur colère ou leurs craintes d’inadéquation sont déclenchées par leur incapacité à « guérir » ou à « changer » leur enfant. Ils essaient alors de parler à l’enfant de ses sentiments, de nier la réalité du point de vue de l’enfant ou d’ignorer les sentiments de l’enfant.
3. L’idée que les parents se font du « bien et du mal » est en conflit avec l’identité de l’enfant.
Parfois, les parents ont appris que certains aspects fondamentaux et sains de la nature humaine sont « erronés ». Souvent, la colère, la tristesse, la fierté ou l’impulsion égoïste d’un enfant sont perçues comme une invalidation ou un dégoût, au lieu d’être considérées comme naturelles et logiques compte tenu de la situation et de la nature humaine. Les enfants qui vivent dans des environnements où règne la honte, où le contrôle est excessif ou où les dogmes sont stricts reçoivent souvent le message que leur colère, leur vide, leur malheur, leur tristesse, leur sexualité ou leur fierté sont « mauvais ».
Alors pourquoi est-ce que j’insiste tant sur l’importance de créer un environnement valorisant pour un enfant ? Parce qu’on estime qu’un enfant sur cinq est très sensible, et que la sensibilité émotionnelle associée à un environnement invalidant est la recette parfaite pour qu’un enfant finisse sur mon divan thérapeutique. Et bizarrement, moins de travail pour moi est une bonne chose pour le monde.
Pour plus d’informations sur l’importance de la validation des enfants, consultez le livre « The Power of Validation » de Karyn D. Hall.
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Crédit photo : grietgriet via mrg.bz