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Juste avant Noël, la prestigieuse revue Nature Communications a rétracté un article qui examinait le mentorat informel des jeunes scientifiques. L’article concluait notamment que les jeunes femmes scientifiques bénéficiaient davantage de mentors masculins que de mentors féminins. Cela a déclenché une tempête d’indignation morale sur les médias sociaux, faisant pression sur la revue qui a alors rétracté l’article à la suite d’une deuxième (et très inhabituelle) série d’examens par les pairs.
Une telle rétractation est-elle justifiée ? Ou bien la rétractation est-elle de plus en plus utilisée par les revues pour censurer les conclusions impopulaires à l’ère de la « culture de l’annulation » ? Le magazine Wired a récemment montré que les rétractations de travaux scientifiques controversés semblaient se multiplier. L’article de Wired fait une comparaison non ironique avec le film The Purge, reconnaissant que les articles politiquement chargés sont jugés différemment de ceux qui ne le sont pas.
Il est évident que tout document de recherche présentant des failles fatales doit être rétracté. Mais cela ne devrait pas être basé sur la popularité ou les foules sur Twitter. En effet, l’argument selon lequel les articles controversés devraient faire l’objet d’un examen plus approfondi est étrange d’un point de vue scientifique. Un tel argument est une recette pour perturber la recherche scientifique, ce qui fausse évidemment le dossier scientifique : vous avez intérêt à trouver les bonnes choses avec vos données, sinon vous serez annulé. En outre, les articles qui soutiennent les récits moraux populaires sont sans doute aussi susceptibles de nuire que ceux qui les contredisent. Une mauvaise science conduit à une mauvaise politique, à de mauvaises décisions médicales, à une mauvaise utilisation des subventions, à la promotion de mythes sociétaux et détourne l’attention des vraies solutions aux vrais problèmes. Cela est vrai, que les résultats soient populaires ou non.
Les litiges concernant la validité des articles scientifiques sont en fait très courants et font partie intégrante de la science. Les rétractations sont principalement le fait d’erreurs ou de fraudes flagrantes. Dans un éditorial sur la controverse de Nature Communications, la revue indique que le problème semblait dépendre de la question de savoir si les auteurs avaient réellement eu recours au « mentorat informel » en cosignant des articles de recherche entre chercheurs débutants et confirmés. Cette critique est juste mais, à mon avis, elle n’est pas fatale. Les questions de ce type sont généralement traitées sous forme de commentaires et de réponses, où les détracteurs de l’article publient leurs critiques et où les auteurs peuvent répondre. Les problèmes liés à cet article ne justifiaient pas une rétractation et il n’est pas certain que l’enquête, qui a fait suite à une énorme tempête sur les médias sociaux, ait été équitable pour les auteurs. L’avis de rétractation indique que les auteurs ont accepté la rétractation, tout en défendant leur travail et leurs conclusions ; une combinaison étrange qui, à mon avis, témoigne de l’énorme pression qu’ils ont dû subir.
L’éditorial concernant la rétractation n’est pas très transparent. Il ne précise pas si des universitaires ont contacté la revue pour s’opposer à la rétractation (il présente les inquiétudes suscitées par l’article comme un consensus, alors que l’argument du consensus est en soi un sophisme logique). L’enquête sur l’examen par les pairs n’est pas rendue publique. L’enquête impliquant une nouvelle série d’examens par les pairs est en soi inhabituelle (dans un courriel, la rédactrice en chef, le Dr Elisa De Ranieri, a refusé de divulguer le nombre d’autres articles ayant fait l’objet de telles enquêtes au cours des deux dernières années).
Dans l’éditorial, la revue déclare : « Dans le cadre de ces lignes directrices, nous reconnaissons qu’il est essentiel de veiller à ce que ces études soient examinées sous de multiples angles, y compris par les groupes concernés par les résultats. Nous pensons que cela nous aidera à faire en sorte que le processus d’examen prenne en compte la dimension du préjudice potentiel… » Le sens de cette déclaration n’est pas clair. Les groupes d’intérêt ou les défenseurs de la morale ont-ils un droit de veto sur la science ? Si un article suggère que les conservateurs ont des capacités cognitives plus faibles (et de tels articles existent), les universitaires conservateurs devraient-ils être spécifiquement recrutés pour examiner ces articles, afin d’éviter de stéréotyper les conservateurs comme des idiots ? Bonne chance, vu le peu d’universitaires conservateurs qui existent.
Il est important de rechercher la diversité des examinateurs. Mais de telles déclarations font craindre une censure, non pas fondée sur la diversité, mais sur une idéologie d’extrême gauche. Il convient de noter que l’auteur principal de l’article rétracté était lui-même une femme de couleur. Les éditeurs scientifiques ont l’obligation particulière de protéger la science des caprices des masses (même des masses d’universitaires). De plus en plus, les rédacteurs en chef des revues échouent dans cette tâche importante, Nature Communications n’étant qu’un exemple récent. Nous en sommes arrivés à un stade où la rétractation peut être utilisée, non pas pour des erreurs de calcul ou des données frauduleuses, mais comme une arme idéologique contre toute science impopulaire.