🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 II • DJI Mini 4 Pro • MacBook Pro M4
Il y a quelques semaines, le New York Times a publié un article sur l’ennui et son importance dans l’éducation des enfants.
Cela fait des années que j’écris et que je prêche sur ce sujet, et je l’ai inclus dans mon livre sur la prévention des problèmes alimentaires chez les enfants et les adolescents, et j’ai donc été ravie de lire cet article récemment. Je pense que l’on accorde trop peu d’attention aux vertus et aux bienfaits de l’ennui. Il est vital pour les parents de permettre à leurs enfants de faire l’expérience de cet état, plutôt que d’intervenir et d’essayer de le « réparer » au premier cri. Dans le passé, j’ai pratiqué une réponse calme au gémissement plaintif : « Je m’ennuie ! » par : « Génial ! » (et je me détourne). (Et je me détourne.) Le plus souvent, quelques minutes plus tard, mes enfants partaient à l’assaut d’un jeu imaginatif qu’ils avaient créé dans leur propre esprit.
Je ne veux pas paraître plus sainte que nature, car je suis tout à fait consciente des pressions que subissent les parents. Les inquiétudes et les sentiments de responsabilité qui accompagnent le fait d’être parent dans ce monde hyperconcurrentiel. De nombreuses personnes qui me consultent se battent avec un sentiment d’anxiété écrasant pour offrir à leur enfant toutes les chances de progresser et de développer des compétences qui les aideront à réussir. Sans le vouloir, nous pouvons priver nos enfants de la capacité d’apprendre à attendre, à se calmer et à s’installer à l’intérieur d’eux-mêmes pour savoir comment ils se sentent physiquement et émotionnellement, et pour avoir l’espace intérieur nécessaire pour laisser leur esprit vagabonder et leur créativité s’épanouir, si nous ne les laissons pas s’ennuyer.
Un thérapeute que j’ai consulté il y a de nombreuses années m’a dit ceci : « Si nous ne nous ennuyons jamais, nous ne pourrons jamais nous connaître nous-mêmes. »
C’est tout à fait vrai. Sans la capacité d’apprendre à s’asseoir sans aucune stimulation extérieure pour distraire l’esprit, il n’est pas possible d’apprendre à remarquer les nuances plus subtiles des sensations physiques comme la faim, la satiété, la fatigue, l’énergie et aussi les émotions. Les émotions sont également ressenties par le corps, et pas seulement par l’esprit. Si nous sommes toujours vulnérables aux demandes de notre enfant pour le divertir et le stimuler, et si, en retour, nous avons une attitude envers l’ennui qui transmet à nos enfants qu’il s’agit d’un « mauvais » état, nous volons cette conscience intéroceptive. (Un terme sophistiqué pour savoir comment on se sent de l’intérieur, physiquement et émotionnellement). Sans cette force psychologique essentielle, une personne est plus susceptible d’avoir des difficultés à prendre des décisions, car c’est l’un des éléments qui permet de prédire ce que l’on peut ressentir face à tel ou tel choix. Même des décisions aussi simples que quoi, quand et combien manger (d’accord, peut-être pas si simple !) ou comment on peut se sentir face à un résultat plutôt qu’à un autre et comment pondérer les options et les conséquences. Les éléments clés de la prise de décision.
Alors, plutôt que de penser que c’est à vous d’aider votre enfant à NE PAS s’ennuyer, pourquoi ne pas changer le scénario en disant « c’est un fait » : « Génial ! Quelle belle occasion de rester tranquille et de s’asseoir avec soi-même ! » Ce sont les compétences que vous l’aiderez à développer :
Attendre : Apprendre à ATTENDRE est l’un des outils psychologiques les plus utiles que nous puissions aider notre enfant à développer. Il permet de retarder la gratification, ce qui les récompense de toutes sortes de façons. D’innombrables études montrent que les enfants qui sont capables de retarder la gratification et de tolérer l’attente réussissent mieux. (Je ne veux certainement pas minimiser la myriade d’autres variables, bien sûr, qui interviennent dans la réussite. Mais la tolérance à la frustration, qui peut être améliorée en apprenant à attendre grâce à des occasions de « s’ennuyer », est très importante.
Conscience intéroceptive : Il s’agit essentiellement de la capacité de la tête à se connecter à ce que le corps ressent. Nous ne voulons pas que nos enfants s’évanouissent de faim avant de décider de manger, ni qu’ils soient complètement rassasiés avant de s’arrêter. Certains doivent apprendre à reconnaître les nuances les plus subtiles de ce signal corporel ; combien d’adultes connaissez-vous (moi y compris !) qui mangent parfois par ennui total ! Savoir jusqu’où se pousser physiquement ou faire une pause, prendre des risques émotionnels, c’est se connaître soi-même. C’est la clé de l’ancrage de la conscience intéroceptive.
La compétence de l’indépendance, par opposition à la dépendance à l’égard des stimulations extérieures : À une époque où l’accès au téléphone et la connectivité avec les autres sont permanents, il est d’autant plus vital de donner à nos enfants le temps de s’asseoir tranquillement, de rentrer en eux-mêmes et de commencer à savoir ce qu’ils remarquent et ce qu’ils ressentent.
Dans l’espace calme de l' »ennui », les enfants sont libérés de toute distraction. En particulier lorsqu’ils sont jeunes, ils sont extrêmement créatifs et ont une foule d’idées pour s’occuper d’eux-mêmes, si nous ne les dérangeons pas. Ne perdons pas de vue un point important : les enfants sont très doués pour découvrir le monde et se stimuler eux-mêmes. Les jeunes enfants, en particulier les bébés et les tout-petits, sont souvent tellement impliqués dans leur monde qu’ils ne s’ennuient jamais. Aidons-les à préserver cet émerveillement et cette richesse qui sont en eux. Nous pouvons nous mettre en retrait.