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Points clés
- Une enquête montre que la majorité des gens croient au changement climatique, mais que la culture explique les différences d’importance accordée à ce phénomène.
- Des études montrent que les valeurs culturelles, telles que le collectivisme et l’orientation à long terme, influencent les attitudes et les comportements des individus à l’égard de l’environnement.
- Comprendre l’environnementalisme d’un point de vue interculturel peut aider à adapter les mesures de conservation dans des contextes uniques.
Nombreux sont ceux qui pensent que le changement climatique est un exemple de la tragédie des biens communs, c’est-à-dire que le libre accès aux ressources environnementales partagées conduit à leur « surpâturage » et à leur exploitation par des individus plutôt qu’à des actions pour le bien collectif. Les opinions et les points de vue sur le changement climatique varient d’un pays à l’autre. Pour certains, il s’agit d’un obstacle au développement des pays, tandis que d’autres assument activement la responsabilité de la protection de l’environnement. À l’autre extrême, on trouve ceux qui exploitent les ressources naturelles d’autres pays pour leur propre développement. Ces points de vue sont-ils dictés par la culture ?
La culture est partagée par les membres d’un groupe social et façonne les attitudes et le comportement d’un individu. Les différents ensembles de croyances, de valeurs et de morales ancrés dans les diverses cultures nationales fournissent des normes pour les pratiques pro-environnementales acceptables et inacceptables, et permettent également de discerner le lien d’une personne avec la nature. La culture affecte les croyances éthiques des individus concernant ce qui est considéré comme un comportement moralement correct, liant ainsi la culture de la société aux pratiques pro-environnementales. Les pratiques commerciales courantes sont formées par les normes acceptables de conduite des affaires d’une société. Par ailleurs, les réglementations gouvernementales sont également influencées par des facteurs culturels, ce qui se répercute sur les politiques publiques.
YouGov (2019) a mené une enquête mondiale auprès de personnes vivant dans 28 pays différents afin de comprendre les différentes attitudes à l’égard du changement climatique à l’Est et à l’Ouest. Il a été discerné que 90 % du monde croyait au changement climatique, et que les différences culturelles expliquaient les différences d’importance accordée à ce phénomène.
Comment la culture façonne-t-elle les attitudes à l’égard de l’environnement ?
Plus précisément, des recherches antérieures ont montré que les attitudes environnementales différaient sensiblement d’une culture à l’autre, et il a également été noté que les différences existaient principalement en termes de dimension culturelle ( collectiviste contre individualiste) et d’autres dimensions telles que le contrôle externe contre le contrôle interne, le matérialisme contre le post-matérialisme, et les orientations passées contre les orientations futures.
De même, une autre étude a indiqué que les performances environnementales des entreprises sont élevées dans les communautés où la distance de pouvoir est plus faible (répartition égale du pouvoir), la féminité (préférence de la société pour la coopération, la modestie et l’attention), l’évitement de l’incertitude (sentiment d’appréhension face à l’ambiguïté) et l’orientation à long terme sont plus importants, avec une plus grande importance accordée à la retenue. Au contraire, il a été démontré que l’indulgence et la masculinité ont un impact direct sur les performances environnementales, tandis que la distance de pouvoir n’a pas d’influence sur celles-ci.
Hofstede(2001) a mené une étude dans laquelle il a établi une corrélation entre diverses dimensions culturelles et la priorité accordée aux préoccupations environnementales par rapport aux préoccupations économiques, ainsi que la volonté de payer des prix plus élevés pour protéger l’environnement. Il s’est avéré que les pays ayant une faible distance de pouvoir (acceptation d’un ordre hiérarchique de pouvoir) étaient plus susceptibles de donner la priorité à la protection de l’environnement plutôt qu’à la croissance économique et que les pays ayant une plus grande distance de pouvoir et une plus grande masculinité étaient peu enclins à se préoccuper des questions environnementales, s’en remettant à la décision des autorités pour les traiter.
Ces différences de valeurs culturelles affectent les croyances et les attitudes, influençant par la suite le comportement de chacun. Tout d’abord, les cultures à orientation collectiviste mettent l’accent sur l’existence collective et continue, ce qui conduit à se préoccuper de l’effet de ses actions sur la société. Cela favorise un lien plus étroit avec l’environnement et des attitudes positives à l’égard de la durabilité. Deuxièmement, l’orientation à long terme influence la conviction que les actions d’une personne ont un impact sur l’avenir et, par conséquent, les personnes issues de ces cultures se préoccupent davantage de l’amélioration de l’environnement, dont les implications futures sont redoutables. Troisièmement, les personnes vivant dans des cultures où l’évitement de l’incertitude est élevé sont davantage disposées à agir afin de minimiser l’anxiété liée au bien-être futur. Quatrièmement, la masculinité est associée à une relation dominante avec la nature et conduit donc à l’utilisation des ressources naturelles pour la réussite matérielle sans donner la priorité à la durabilité.
Comment la culture affecte les croyances environnementales au niveau individuel
Pour établir un lien direct entre la culture, les attitudes et les comportements écologiques, une étude a été menée aux États-Unis et en Inde, au niveau individuel. Il a été constaté que le collectivisme et le sentiment d’appartenance à une communauté étaient liés de manière significative à la conscience environnementale en Inde et aux États-Unis. En outre, la conscience environnementale a une influence positive et significative sur le consumérisme vert (demande de produits respectueux de l’environnement) et le comportement écologique actif.

En outre, Schulz(2002) a suggéré que les individus issus de cultures individualistes (qui mettent l’accent sur le moi autonome) accordent une grande importance aux attitudes environnementales égoïstes, ce qui les amène à se préoccuper de l’environnement à un niveau personnel. Une autre étude a établi un lien entre l’individualisme et une plus grande importance accordée aux bénéfices futurs plutôt qu’aux bénéfices à court terme, lorsque l’on est menacé par des situations inconnues (changement climatique, conditions météorologiques extrêmes, niveaux élevés de pollution). D’autre part, les individus appartenant à des cultures collectivistes (qui mettent l’accent sur les relations avec les autres, y compris l’environnement naturel) pourraient se préoccuper davantage de tous les êtres vivants, y compris les plantes, les animaux, l’écosystème et la biosphère. Cette constatation a également été complétée par diverses études qui ont montré que les individus très collectivistes se préoccupent davantage de l’environnement que ceux qui sont très individualistes.
Comme indiqué plus haut, des études ont mis en évidence les antécédents culturels de l’environnementalisme, tant au niveau national qu’au niveau personnel. Il est donc important de comprendre les attitudes, les croyances et les comportements des individus en matière d’environnement dans une perspective interculturelle, afin que des mesures adaptées puissent être prises dans chaque pays en faveur de la conservation et des pratiques durables. La chose la plus importante à garder à l’esprit est que même si nous vivons dans un monde culturellement diversifié, nous sommes d’abord les citoyens de notre planète Terre.
Cet article a été rédigé par Nikita Mehta et Arunima Ticku, assistants de recherche juniors au département de psychologie de Monk Prayogshala, en Inde.

