« Je le veux… pour l’instant » : Introduction de licences de mariage temporaires

Les législateurs mexicains ont proposé un nouveau moyen de réduire le nombre de divorces : des licences de mariage temporaires. Cette nouvelle loi controversée, actuellement à l’étude, permet aux couples de décider de la durée de leur contrat de mariage (deux ans au minimum). Après cette période, si le couple est toujours heureux, il peut renouveler son contrat de mariage. Dans le cas contraire, le contrat expire simplement et les couples sont libres de mettre fin à leur mariage sans avoir à divorcer (lire l’article complet ici).

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En fin de compte, tout effet que cette législation pourrait avoir sur les résultats matrimoniaux deviendra plus apparent dans les années à venir. Cela dit, nous pouvons appliquer la science des relations, en particulier la recherche sur l’engagement romantique, pour faire des prédictions éclairées sur la façon dont la législation pourrait aider certains mariages et nuire à d’autres.

L’engagement fait référence à l’orientation à long terme d’une personne envers sa relation et à sa détermination à la faire réussir.1 Les personnes qui se sentent engagées envers leur partenaire travaillent très dur pour maintenir leur relation intacte, souvent sans s’en rendre compte. Par exemple, les personnes engagées voient leur partenaire romantique d’une manière idéalisée: elles accentuent les points forts de leur partenaire et minimisent ses défauts.2 Les personnesengagées gèrent également les conflits dans leur relation de manière plus efficace,3 et pardonnent plus facilement à leur partenaire.4 Dans l’ensemble, les relations des partenaires engagés ont tendance à être beaucoup plus stables que les relations des personnes qui sont moins engagées.

Il n’est pas surprenant que les couples mariés aient tendance à être relativement engagés dans leur relation. Cela s’explique en partie par le fait que de nombreuses personnes mariées estiment que leur partenaire leur convient et que leur relation les rendheureuses5. Toutefois, d’autres facteurs peuvent motiver les gens à rester dans le mariage, qui n’ont pas grand-chose à voir avec leur degré de satisfaction, comme les raisons structurelles de s’engager (par exemple, posséder une maison ensemble, dépendre financièrement de son partenaire) et les raisons morales de s’engager (l’idée que rester dans le mariage est la bonne chose à faire parce qu’on a fait des vœux, qu’on le doit à son partenaire, etc.) Tous ces facteurs contribuent au sentiment général d’engagement d’une personne mariée envers son conjoint.

La législation proposée est susceptible d’avoir des effets intéressants sur l’engagement des personnes dans leur mariage. D’une part, cette législation permettra aux couples malheureux de mettre fin à leur mariage sans divorcer, ce qui signifie moins de sentiments de culpabilité ou de honte d’avoir échoué dans leur mariage ou d’avoir rompu leurs vœux (ceci peut être particulièrement pertinent au Mexique, un pays à prédominance catholique). En rendant acceptable le fait de « quitter » un mariage malheureux, les gens devraient être moins enclins à rester engagés dans leur relation pour de mauvaises raisons. D’autre part, en prévoyant des contrats de mariage qui expirent et doivent être renouvelés, la législation proposée pourrait encourager les couples relativement heureux à reconsidérer leur engagement l’un envers l’autre. Ainsi, pour les personnes qui s’engagent pour des raisons plus intrinsèques (« Je pense que mon partenaire est la bonne personne pour moi »), le nouveau système pourrait les amener à se demander si elles font ou non le bon choix, ce qui pourrait les rendre moins disposées à surmonter les moments difficiles de leur relation.

En résumé, cette nouvelle loi a le potentiel de réduire le nombre de personnes qui se sentent coincées dans des relations malheureuses, ce qui est certainement bénéfique. D’un autre côté, elle pourrait également amener des couples relativement heureux à remettre en question leur engagement l’un envers l’autre, ce qui n’est pas nécessairement bénéfique. Si le Mexique approuve cette législation, des recherches supplémentaires seront certainement nécessaires pour examiner exactement le type d’effets qu’auront les licences de mariage temporaires.

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1Rusbult, C. E. (1983). A longitudinal test of the investment model : The development (and deterioration) of satisfaction and commitment in heterosexual involves. Journal of Personality and Social Psychology, 45, 101-117.

2Drigotas, S. M., Rusbult, C. E., Wieselqquist, J. et Whitton, S. W. (1999). Close partner as sculptor of the ideal self : Behavioral affirmation and the Michelangelo phenomenon. Journal of Personality and Social Psychology, 77, 293-323.

3Rusbult, C. E., Verette, J., Whitney, G. A., Slovik, L. F., & Lipkus, I. (1991). Accommodation processes in close relationship : Theory and preliminary empirical evidence. Journal of Personality and Social Psychology, 60, 53-78.

4Finkel, E. J., Rusbult, C. E., Kumashiro, M. et Hannon, P. A. (2002). Dealing with betrayal in close relationships : Does commitment promote forgiveness ? Journal of Personality and Social Psychology, 82, 956-974.

5Johnson, M. P., Caughlin, J. P. et Huston, T. L. (1999). The tripartite nature of marital commitment : Personal, moral, and structural reasons to stay married. Journal of Marriage and the Family, 61, 160-177.

Samantha Joel – Articles surla science des relations

Les recherches de Samantha portent sur la manière dont les gens prennent des décisions concernant leurs relations amoureuses. Par exemple, quels types de facteurs les gens prennent-ils en considération lorsqu’ils décident de poursuivre un rendez-vous potentiel, de s’investir dans une nouvelle relation ou de rompre avec un partenaire romantique ?

Source de l’image : guardian.co.uk