« Être là » vs. être là : Le soutien social est plus qu’un simple visage amical

Nous nous tournons souvent vers nos proches pour obtenir du soutien lorsque nous sommes confrontés à des situations difficiles. En cas de difficultés financières, nous nous tournons vers notre famille pour obtenir une aide financière (c’est-à-dire un soutien tangible/matériel). De même, lorsque les choses au travail nous rendent fous, nous nous tournons vers nos partenaires, parfois pour obtenir des conseils (c’est-à-dire un soutien informationnel) ou simplement une étreinte chaleureuse (c’est-à-dire un soutien émotionnel). Dans les relations amoureuses, le fait de pouvoir se tourner vers son partenaire pour obtenir du soutien en période de stress est depuis longtemps considéré comme un élément essentiel du bon fonctionnement d’unerelation1. On peut faire confiance à un partenaire qui vous soutient pour agir au mieux de vos intérêts, ce qui prouve qu’il se soucie vraiment de vous, qu’il a de l’empathie pour vous, qu’il vous comprend suffisamment bien pour savoir que vous avez besoin de soutien et qu’il est attentif à vos signaux de détresse.

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Le soutien social dans les relations fait appel à deux besoins importants liés à l’attachement. Premièrement, nos partenaires peuvent nous offrir un havre de paix en étant les personnes vers lesquelles nous nous tournons pour obtenir protection et réconfort lorsque les choses vont mal. Deuxièmement, nos partenaires peuvent nous fournir une base sûre en nous encourageant et en nous donnant confiance pour essayer de nouvelles choses que nous trouvons menaçantes ou intimidantes.2 Les partenaires romantiques se sentent mutuellement en sécurité pendant les périodes de stress et se donnent mutuellement la sécurité et la confiance nécessaires pour relever de nouveaux défis, grâce au comportement de soutien qu’ils s’offrent l’un à l’autre. En fait, certaines recherches montrent même que le simple fait de penser à son partenaire peut procurer ce sentiment de sécurité et de soutien lorsque l’on est confronté à des situations difficiles (comme c’est cool !).3 Mais la simple présence de votre partenaire remplit-elle la même fonction de soutien ?

Des chercheurs ont récemment abordé cette question dans le cadre d’une expérience créative de réalité virtuelle impliquant 131 couples.4 Les partenaires se sont rendus dans des pièces séparées pour participer à une tâche virtuelle effrayante de « marche sur la falaise » au cours de laquelle l’un des partenaires a été désigné au hasard pour marcher sur la falaise tandis que l’autre se tenait à proximité et observait la scène. En réalité, seule la personne désignée pour marcher sur la falaise faisait quelque chose dans l’environnement virtuel. Les chercheurs ont remplacé le partenaire du marcheur sur la falaise par un faux avatar, ce qui leur a permis de contrôler (c’est-à-dire de manipuler) le comportement du « partenaire » virtuel. Cette conception a permis aux chercheurs de créer trois scénarios : Dans le premier, le « partenaire » semblait attentif et réactif, fixant le marcheur pendant sa marche sur la falaise tout en l’applaudissant et en lui faisant des signes de la main. Dans le deuxième scénario, le « partenaire » était présent mais ne réagissait pas, regardant d’autres objets à proximité et ne communiquant pas avec le marcheur. Dans le troisième scénario (c’est-à-dire le groupe témoin), les participants se contentaient de marcher seuls sur la falaise.

Les chercheurs ont voulu voir comment les expériences de soutien différaient selon les trois scénarios. Ils ont mesuré ces différences de plusieurs manières. Tout d’abord, ils ont noté le temps que les participants ont passé à regarder leur partenaire pour trouver du réconfort et de l’assurance pendant la marche sur la falaise. Ensuite, les chercheurs ont demandé aux participants à quel point la tâche était stressante et (pour ceux qui avaient un partenaire présent) si leur partenaire leur donnait un sentiment de sécurité et d’attention. Ils ont donc demandé aux couples d’effectuer une tâche virtuelle de suivi dans laquelle le participant ayant effectué la marche sur la falaise se dirigeait vers son partenaire et lisait un nombre écrit dans son dos, puis revenait à la position de départ et rapportait ce nombre. En réalité, ils ont mesuré la distance que les participants mettaient entre eux et leur partenaire (c’est ce que les chercheurs appellent une mesure implicite).

Les résultats mettent en lumière ce que signifie réellement « être là ». Seules les personnes qui ont fait la promenade sur la falaise avec un partenaire réceptif se sont réellement senties soutenues. Ces participants ont trouvé la tâche moins stressante, se sont sentis plus en sécurité et ont passé moins de temps à regarder leur partenaire pour trouver du réconfort et de l’assurance. En revanche, la présence d’un partenaire non réceptif s’est révélée tout aussi stressante que la marche sur la falaise en solitaire. En outre, ceux qui ont effectué la marche sur la falaise avec un partenaire non réceptif se sont sentis moins bien entourés que ceux des deux autres scénarios, et ont été plus enclins à s’éloigner de leur partenaire au cours de l’exercice de suivi. Manifestement, ils n’ont pas été très impressionnés par la présence de leur partenaire.

Il semble donc que le véritable avantage de la « présence » de votre partenaire n’apparaisse que lorsque celui-ci est réceptif. En l’absence de réactivité, sa simple présence peut en fait faire plus de mal que de bien. Il semble qu’il y ait une grande différence entre le fait d’être simplement présent pour son partenaire (c’est-à-dire de partager le même espace) et le fait d’être réellement présent pour son partenaire, c’est-à-dire de lui apporter activement le soutien et le sentiment de sécurité qui font que les difficultés de la vie semblent un peu plus faciles à gérer.

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1Cutrona, C. E. (1996). Social support in couples : Marriage as a resource in times of stress. Thousand Oaks, CA, US : Sage Publications, Inc.

2Collins, N. L. et Feeney, B. C. (2010). Une perspective théorique de l’attachement sur la dynamique du soutien social dans les couples : Normative processes and individual differences. Dans K. T. Sullivan & J. Davilla (Eds.) Support Processes in Intimate Relationships (pp. 89-120), Oxford University Press : New York.

3Mikulincer, M., Gillath, O., & Shaver, P. R. (2002). Activation of the attachment system in adulthood : Threat-related primes increase the accessibility of mental representations of attachment figures. Journal of Personality and Social Psychology, 83(4), 881-895.

4Kane, H. S., McCall, C., Collins, N. L. et Blascovich, J. (2012). Mere presence is not enough : Responsive support in a virtual world. Journal of Experimental Social Psychology, 48(1), 37-44.

Fred Clavél, M.A. – Articles surla science des relations

Fred s’intéresse à la dynamique du soutien social dans les couples romantiques, aux effets du contexte sur les relations, aux relations et à la santé et au bien-être, ainsi qu’aux questions relatives au soi dans les relations. Ses recherches s’appuient principalement sur les théories de l’échange social, de l’attachement, de la motivation et de la cognition sociale.

Source de l’image : madronoranch.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...