« Encore trop près pour être à l’aise » : Le paradoxe de la proximité

Dans un article précédent, nous avons examiné des recherches récentes sur les risques cachés de la proximité dans les relations amoureuses. Il s’avère que la proximité que les gens ressentent dans leurs relations amoureuses peut ne pas être très bénéfique lorsqu’elle ne correspond pas à la proximité qu’ils souhaiteraient idéalement. Les personnes qui ne se sentent pas suffisamment proches de leur partenaire romantique ont tendance à être plus déprimées, moins satisfaites de leur relation et moins engagées vis-à-vis de leur partenaire, et il n’est pas surprenant qu’elles pensent plus souvent àrompre1. Il en va de même pour les personnes qui se sentent trop proches de leur partenaire romantique. Ces résultats soulèvent des questions sur ce que les couples peuvent faire lorsque la proximité souhaitée par l’un ou les deux partenaires est différente de celle qu’ils ressentent en réalité.

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Pas assez proche ?

Nous avons déjà écrit sur le problème du désir de ressentir plus de proximité. L’une des solutions consiste à participer à des activités nouvelles et passionnantes. Les couples qui passent du temps à faire de nouvelles choses amusantes et intéressantes ensemble ressentent plus de proximité et de satisfaction.2 Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les conseillers matrimoniaux recommandent parfois aux couples de pimenter un peu les choses ? Ces avantages peuvent être une partie de la raison : Plus nous partageons des expériences nouvelles et passionnantes avec d’autres personnes, plus nous avons l’occasion de nous épanouir grâce à ces expériences, ce que les chercheurs appellent l’expansion personnelle. Plus nous passons par le processus d’expansion personnelle avec nos partenaires romantiques, plus nous nous sentons proches d’eux.

Trop près pour être à l’aise ?

Qu’en est-il de ceux qui se sentent « trop proches pour être à l’aise » ? Il s’agit là d’un problème plus difficile à résoudre. Considérez les risques liés au fait de vous sentir plus proche de votre partenaire que vous ne le souhaiteriez (c’est-à-dire de vous sentir « étouffé »). Ce sentiment peut menacer votre sentiment de contrôle et d’identité personnelle – c’est-à-dire qu’il y a trop de « nous » et pas assez de « moi ».3 La clé pour ceux qui se sentent ainsi dans leur relation peut être de trouver une distance sûre au sein de leur relation.

Trouver cette distance de sécurité est, bien sûr, la partie la plus difficile. En clarifiant la ligne de démarcation entre vous et votre partenaire, vous pouvez vous sentir plus satisfait de votre relation. Vous pouvez mettre de côté certaines parties de votre vie pour en profiter sans votre partenaire (par exemple, vous pouvez vous adonner à un hobby ou acquérir des compétences par vous-même, ou vous réserver du « temps pour moi » en semaine en allant à la salle de sport après le travail). Gardez toutefois à l’esprit que cette « distance de sécurité » peut devenir dangereuse si elle se fait au détriment de la satisfaction de votre partenaire (je vous avais dit que c’était la partie la plus difficile !).

Si le nouveau niveau de proximité que vous essayez d’établir ne correspond pas au niveau de proximité que votre partenaire accepte, les choses risquent de devenir plus difficiles dans la relation. Lorsque les partenaires recherchent des niveaux de proximité opposés, il peut être particulièrement important qu’ils communiquent leurs désirs l’un à l’autre afin qu’ils puissent convenir d’un juste milieu pour leur proximité commune. Cela signifie sans aucun doute que les deux partenaires devront faire quelques sacrifices. Toutefois, le fait d’être prêt à faire de tels sacrifices pour le bien de la relation peut renforcer la confiance des partenaires et les rendre tous deux plus engagés dans leur relation.4

En fin de compte, les relations les plus satisfaisantes sont celles dans lesquelles les deux partenaires souhaitent des niveaux de proximité similaires. Dans ce cas, chaque partenaire peut évoluer vers le « nous » (et le « moi ») qu’il souhaite. Cela permet même aux partenaires les plus avides de distance de profiter simultanément de leur espace personnel et des avantages uniques de la proximité dans leurs relations.

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1Frost, D. M. et Forrester, C. (2013). Closeness discrepancies in romantic relationships : Implications for relational well-being, stability, and mental health. Personality and Social Psychology Bulletin, 39(4), 456-469.

2Aron, A., Norman, C. C., Aron, E. N., McKenna, C. et Heyman, R. E. (2000). Couples’ shared participation in novel and arousing activities and experienced relationship quality. Journal of Personality and Social Psychology, 78(2), 273.

3Agnew, C. R., Van Lange, P. A. M., Rusbult, C. E., & Langston, C. A. (1998). Cognitive interdependence : Commitment and the mental representation of close relationships.Journal of Personality and Social Psychology, 74, 939-954.

4Wieselquist, J., Rusbult, C. E., Foster, C. A., & Agnew, C. R. (1999). Commitment, pro-relationship behavior, and trust in close relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 77(5), 942-966.

Fred Clavél, M.A. – Articles surla science des relations

Fred s’intéresse à la dynamique du soutien social dans les couples romantiques, aux effets du contexte sur les relations, aux relations et à la santé et au bien-être, ainsi qu’aux questions relatives au soi dans les relations. Ses recherches s’appuient principalement sur les théories de l’échange social, de l’attachement, de la motivation et de la cognition sociale.

Source de l’image : seattleite.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...