Déconstruire la façon dont nous pensons à l’exercice

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Points clés

  • Le discours dominant sur l’exercice physique présente l’exercice comme un « outil » permettant de modeler le corps et de gérer le poids.
  • Les significations dominantes de l’exercice peuvent avoir un impact négatif sur la santé et le bien-être et conduire à une moindre adhésion à l’exercice.
  • Envisager l’exercice d’une nouvelle manière peut contribuer à créer des expériences plus positives et à promouvoir une meilleure santé mentale.

Nos recherches montrent que les significations sous-jacentes de l’exercice peuvent avoir un impact profond sur les expériences individuelles (Busanich, McGannon, & Schinke, 2012 ; 2014 ; 2016). Ces significations, qui sont construites en grande partie par l’échange social et l’immersion culturelle, sont évidentes dans la manière dont nous parlons de l’exercice, dont nous y pensons et, en fin de compte, dont nous nous y engageons. Il est important de mettre en lumière ces significations afin d’aider les gens à remettre en question certaines des idées reçues ou des hypothèses négatives qui imprègnent souvent nos expériences en matière d’exercice physique, et à construire des significations plus positives. Cela permettrait aux individus de vivre des expériences plus positives et conduirait à une plus grande adhésion à l’exercice physique tout au long de la vie.

Un discours dominant, omniprésent dans la société occidentale, présente l’exercice physique comme un « outil » permettant de modeler le corps et de gérer le poids, qui exige de la discipline. Ce discours est étroitement lié à un autre message culturel dominant selon lequel le corps est intrinsèquement défectueux et doit être corrigé ; l’exercice est souvent considéré comme l’un des moyens de corriger le corps, les habitudes alimentaires et les régimes étant l’autre moyen. Ce type de message est très problématique, car il positionne l’exercice d’une manière très restreinte (comme un « travail ») et prépare la plupart des gens à vivre l’exercice d’une manière restreinte. Cela peut conduire à des pressions, à des associations négatives avec l’exercice (sentiment d’être une obligation qui n’est pas agréable), à une image et une estime corporelles négatives et, en fin de compte, à une faible adhésion à l’exercice. En outre, si cet « outil » qu’est l’exercice ne produit pas le résultat escompté, ce qui est souvent le cas, car ce « résultat corporel escompté » est souvent défini par des normes culturellement inatteignables, d’autres problèmes de santé mentale tels que l’anxiété, la dépression ou les troubles de l’alimentation peuvent survenir.

Avec toutes les implications problématiques résultant de ces significations étroites et négatives, il est évident que nos idées sur l’exercice – et les façons dont nous en parlons et y pensons – doivent être remises en question. Il est important d’aider les gens à résister à ces idées plus restrictives, mais dominantes, autour de l’exercice pour créer une relation plus positive avec l’exercice.

L’exercice ne doit pas être considéré comme une obligation quotidienne, mais, si vous avez de la chance, comme une activité que vous pouvez pratiquer. Au lieu d’utiliser le mot exercice, je vous encourage à utiliser le mot mouvement. Le mouvement fait partie de ce qui nous fait nous sentir vivants. Le mouvement apporte de la joie, de la vie et de l’énergie à notre corps. Le mouvement est un processus, pas un résultat. Vous ne pouvez pas vous tromper ; il n’y a pas de pression, pas d’attente, pas de facteurs d’exclusion. Vous n’avez peut-être pas assez de temps pour faire de l’exercice. Vous n’avez peut-être pas l’impression d’avoir le bon corps pour faire de l’exercice. Vous n’avez peut-être pas l’impression d’avoir l’environnement ou l’équipement adéquat pour faire de l’exercice. Mais nous espérons que vous trouverez des moyens de bouger.

Lorsque vous commencez à vous connecter à votre corps de cette manière, la recherche montre que vous commencerez également à vous sentir plus spirituellement, et peut-être même plus socialement, connecté. Cette joie et cette satisfaction intrinsèques qui découlent de l’exercice physique conduiront à une plus grande satisfaction et confiance en soi, à des expériences d’exercice plus positives, à une meilleure santé mentale, ainsi qu’à une plus grande adhésion à l’exercice.

Références

Busanich, R., McGannon, K. R. et Schinke, R. J. (2012). Expanding understandings of the body, food & exercise relationship in distance runners : A narrative approach. Psychology of Sport and Exercise, 13, 582-590.

Busanich, R., McGannon, K.R. et Schinke, R. (2014). Comparing elite male and female distance runner’s experiences of disordered eating through narrative analysis. Psychology of Sport & Exercise : Special Issue on Eating Disorders in Sport, 15, 705-712. doi : 10.1016/j.psychsport.2013.10.002

Busanich, R., McGannon, K. R. et Schinke, R. J. (2016). Exploring disordered eating & embodiment in male distance runners through visual narrative methods. Qualitative Research in Sport, Exercise & Health, 8, 95-112. doi : 10.1080/2159676X.2015.1028093