Comment un peu d’exercice peut faire beaucoup dans la chambre à coucher

Dans de nombreuses relations amoureuses à long terme, il arrive un moment où les couples rencontrent des difficultés dans la chambre à coucher. Ces limitations surviennent lorsque l’un des partenaires est confronté à des problèmes physiques, médicaux ou émotionnels qui affectent ses performances sexuelles, ce qui peut devenir pénible pour les deux membres du couple et nuire à la qualité de la relation. Si l’intimité sexuelle est compromise, que ce soit de manière temporaire ou permanente, y a-t-il des choses que les partenaires peuvent faire ensemble pour favoriser le rétablissement de l’intimité ?

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Certains chercheurs ont abordé cette question en ciblant une population d’individus pour laquelle la question est particulièrement pertinente : les couples touchés par le cancer de la prostate. Le cancer de la prostate est fréquent chez les hommes qui vieillissent (bien qu’il puisse également toucher des hommes plus jeunes) et a souvent un impact sur la fonction sexuelle des hommes ; de nombreux hommes deviennent impuissants à la suite du traitement. L’impuissance, on le comprend, modifie radicalement les comportements sexuels et affectueux d’un homme avec sa partenaire et compromet la qualité de leur relation amoureuse. La femme/partenaire peut désormais assumer exclusivement le rôle de « soignante », tandis que le rôle de « partenaire sexuelle » peut être mis en sommeil. Les professionnels qui travaillent avec les couples touchés par le cancer de la prostate reconnaissent depuis longtemps ces problèmes et cherchent des moyens de promouvoir l’intimité.

Dans une étude récente, les chercheurs ont vérifié si l’exercice en couple favorise l’intimité sexuelle et l’affection dans les couples touchés par le cancer de la prostate.1 Ils ont recruté 64 couples (âge moyen de 71,8 ans, ensemble depuis 43 ans en moyenne) dont l’homme avait subi un traitement pour le cancer de la prostate. Les couples ont été assignés au hasard soit à un groupe témoin (pas d’intervention), soit à un programme d’exercices en groupe pour les conjoints. Ce programme d’exercices comprenait des séances d’exercices d’une heure deux fois par semaine pour les deux partenaires pendant six mois. Plus précisément, les membres du couple du groupe expérimental ont assisté ensemble aux séances (le taux de participation des couples au cours des six mois était de 75 %) et se sont  » entraînés  » mutuellement en se repérant, en comptant les répétitions, etc. et en s’exerçant aux côtés de leur partenaire. L’étude ne comportait aucune autre intervention – uniquement ces séances d’exercice.

Les partenaires ont évalué leurs niveaux de comportements affectueux (par exemple, baisers, attouchements) et sexuels (par exemple, rapports sexuels, préliminaires) au début du programme d’exercices, trois mois plus tard et à la fin du programme (six mois plus tard). Les résultats de cette étude sont assez encourageants. Les femmes qui ont participé au programme d’exercices étaient plus susceptibles de signaler une augmentation de leur comportement affectueux que les femmes du groupe témoin. Cela dit, les hommes n’ont pas signalé de changement de comportement avec leur partenaire au cours de la période d’étude (bien qu’il y ait eu d’autres effets positifs sur la santé, tels que l’augmentation du tonus musculaire).

Qu’est-ce que cela peut signifier pour les couples touchés par le cancer de la prostate ? Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les résultats chez les hommes n’ont pas été aussi probants que chez les femmes. Il est possible qu’un grand nombre d’hommes, plus âgés et ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate plusieurs années avant de participer à l’étude, soient partis du principe qu’ils seraient toujours impuissants et soient donc moins enclins à faire des efforts pour promouvoir l’intimité. En outre, la fonction sexuelle n’a pas été directement évaluée ici ; il est probable qu’il y ait eu des limitations physiques très réelles telles que l’impuissance. Les auteurs supposent qu’il pourrait également y avoir des différences entre les sexes, car les femmes ont tendance à bien réagir à l’affection émotionnelle, et se déclarent plus satisfaites en cas d’affection émotionnelle. Les résultats suggèrent donc que le fait d’encourager les activités physiques non sexuelles au sein du couple peut avoir un effet positif sur le couple, en particulier sur les femmes.

Ce qui nous ramène à une question plus large. Qu’est-ce que cela peut signifier pour les couples qui ne sont pas touchés par le cancer de la prostate ? Faire de l’exercice avec son partenaire peut-il favoriser la sexualité et l’affection, de manière générale ? Et est-ce que faire de l’exercice avec son partenaire augmente ces comportements chez les couples qui ont une vie sexuelle active ? Il s’agit certainement d’une expérience que vous pouvez tenter à la maison. Dans le pire des cas, les bénéfices pourraient être une augmentation du tonus musculaire.

1Lyons, K. S., Winters-Stone, K. M., Bennett, J. A., & Beer, T. M. (2015, 12 octobre). Les effets de l’exercice en couple sur l’intimité physique dans les couples confrontés au cancer de la prostate. Health Psychology. Advance online publication. http://dx.doi.org/10.1037/hea0000287

Dr. Marni Amsellem

Marni Amsellem, docteur en psychologie clinique (Washington University in St. Louis), est une psychologue clinicienne agréée, spécialisée dans la psychologie de la santé. Elle est consultante en recherche auprès d’hôpitaux, d’organisations et d’entreprises, ainsi que praticienne. Ses recherches portent sur la façon dont la santé physique et les comportements liés à la santé affectent les individus et leurs relations, et vice versa. Vous pouvez la joindre via twitter @smartpsychreads.

image source: doctoroz.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...