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Points clés
- Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de qualifier un comportement de cyberharcèlement et de le considérer comme socialement inacceptable.
- Certains participants à l’étude ont jugé le harcèlement par un ex-petit ami plus acceptable que le harcèlement par un étranger.
- Selon une étude, les hommes sont moins susceptibles que les femmes de considérer certains types de comportement comme du harcèlement.
En ouvrant votre boîte aux lettres, vous découvrez une nouvelle carte d’une personne que vous connaissez à peine. Mais cette fois, un frisson vous parcourt l’échine à la lecture. Les messages ont évolué de la flatterie à la fixation, mais celui-ci promet une rencontre… bientôt. Vous regardez instinctivement autour de vous dans la rue, vous attendant à voir l’auteur admiratif se tenir à proximité. Vous ne voyez personne, mais cela ne veut pas dire que la personne n’est pas là. Alors, que faites-vous ?

Séparer les prétendants des harceleurs
De nombreuses personnes apprécient l’attention positive, en particulier lorsqu’elle est associée à un potentiel d’engagement romantique. L’essentiel est de pouvoir faire la distinction entre l’intérêt et l’engouement. Nous nous sentons instinctivement mal à l’aise lorsque l’attention est clairement inappropriée. Qu’il s’agisse de commentaires ou de comportements, l’intuition nous avertit lorsque quelqu’un dépasse les bornes. Mais, en particulier dans le cadre de la socialisation en ligne ou des rencontres occasionnelles, où se situe la limite? Comment savoir si nous ne sommes pas simplement trop sensibles ?
Andréa Becker et al, dans un article intitulé « Confusing Stalking for Romance », écrivent : « Les faits suggèrent qu’aux États-Unis, nous vivons dans une culture du harcèlement – une culture dans laquelle le harcèlement est normalisé, minimisé et romancé par le biais de diverses institutions culturelles »[i]. [Ils ont examiné les perceptions d’observateurs profanes exposés au cyberharcèlement de femmes, en se concentrant notamment sur la pertinence et l’impact du genre dans un contexte de harcèlement.
Leurs recherches ont notamment révélé que les femmes étaient plus susceptibles de qualifier un comportement de cyberharcèlement et de le qualifier de moins acceptable socialement. Toutefois, ils ont également constaté que, par rapport au harcèlement par un inconnu, les participants étaient moins susceptibles de qualifier de harcèlement le contact d’un ex-petit ami, d’un rendez-vous unique ou d’un collègue de travail. Les participants à l’étude ont également jugé le harcèlement par un ex-petit ami plus acceptable que le harcèlement par un étranger.
Comme la plupart des gens pensent que le harcèlement n’est jamais acceptable, la question est de savoir pourquoi nous avons du mal à reconnaître qu’il se produit. La recherche apporte quelques réponses.
Reconnaître un comportement de harcèlement
Les chercheurs ont examiné les types de comportements qui constituent le harcèlement et la façon dont les victimes se comportent. Daniela Acquadro Maran et al. (2020) ont comparé les conséquences et les stratégies d’adaptation des victimes de harcèlement qui, contrairement à de nombreuses victimes qui souffrent en silence, ont effectivement signalé le crime[ii]. Pour définir les comportements à observer et à discuter, ils ont utilisé des catégories établies par des recherches antérieures, notamment
- Communication non désirée, quelle que soit la méthode utilisée, y compris les appels téléphoniques, les messages textuels, voire les cartes ou les lettres.
- Approches non désirées, y compris les comportements de suivi ainsi que l’apparition et l’attente à l’extérieur de la maison ou du lieu de travail.
- Le harcèlement et l’intimidation, y compris les menaces à l’encontre de la victime ou de sa famille, la recherche d’informations sur la victime auprès de tiers et la diffamation.
Mais il existe une multitude de variations entre ces catégories, qui sont elles-mêmes perçues différemment par les destinataires ciblés, souvent en fonction de leur sexe. Acquadro Maran et al. notent qu’il est prouvé que les hommes sont moins susceptibles que les femmes de considérer certains types de comportement comme du harcèlement. Dans un échantillon de 95 victimes de harcèlement, par exemple, lorsqu’on leur a demandé de choisir, dans une liste de 42 comportements, ceux qu’ils avaient subis, les hommes (représentant 7 % de l’échantillon) en ont choisi 10 au total, tandis que les femmes (représentant 92 % de l’échantillon) en ont choisi 32. Ils notent que cette différence peut s’expliquer par le fait que les hommes sont moins susceptibles de s’identifier comme victimes, peut-être parce qu’ils ont moins tendance à considérer ces comportements comme graves.
Les amis ne laissent pas leurs amis souffrir en silence
Reconnaître les signes de harcèlement est la première étape pour obtenir de l’aide. Il existe toute une série d’interventions possibles sur le plan professionnel, juridique ou même par l’intermédiaire des forces de l’ordre. Mais la première étape consiste à persuader la victime d’agir, car selon la personne poursuivie, le harcèlement peut être un comportement dangereux à ne pas contrôler. Connaître les signaux d’alarme permet de protéger les victimes et la communauté en augmentant la reconnaissance et le signalement des délits.
Références
[i] Becker, Andréa, Jessie V. Ford, et Timothy J. Valshtein. 2020. « Confusing Stalking for Romance : Examining the Labeling and Acceptability of Men’s (Cyber)Stalking of Women ». Sex Roles : A Journal of Research, novembre. doi:10.1007/s11199-020-01205-2.
[ii] Acquadro Maran, Daniela, Antonella Varetto, Ilenia Corona, et Maurizio Tirassa. 2020. « Caractéristiques de la campagne de harcèlement : Conséquences et stratégies d’adaptation pour les hommes et les femmes qui signalent leur victimisation à la police ». PLoS ONE 15 (2). doi:10.1371/journal.pone.0229830.