La semaine dernière, à l’approche du supposé Enlèvement, comment se passaient les choses dans votre couple ? L’imminence de la fin du monde et de votre disparition terrestre a-t-elle modifié la façon dont vous pensiez à votre partenaire ? Vous serez peut-être surpris d’apprendre que cette question a fait l’objet d’études approfondies, sous l’angle général de la « théorie de la gestion de la terreur ».
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Penser à la mort affecte la manière dont les gens évaluent les individus appartenant à des groupes auxquels ils sont affiliés (« in-groups ») par rapport aux individus appartenant à des groupes extérieurs. Par exemple, lorsqu’ils sont amenés à penser à la mort, les gens se sentent plus favorables à ceux qui ont des points de vue ou des affiliations similaires et moins favorables à ceux qui ne sont pas similaires qu’ils ne le sont habituellement. Ainsi, si vous êtes un fan des Red Sox, vous aimez votre équipe et vous détestez encore plus les Yankees (si c’est possible) lorsqu’on vous fait penser à la mort. Cela peut paraître fou, mais cette prédiction a une certaine logique. L’idée de base est que le fait de s’accrocher aux personnes et aux groupes qui valident vos points de vue est un bon moyen d’atténuer l’anxiété causée par votre mort imminente et de protéger votre estime de soi, qui est menacée par le fait de penser à la mort.
Qu’en est-il de la réflexion sur votre partenaire dans des conditions de « saillance de la mortalité » (c’est-à-dire lorsque vous pensez à votre propre susceptibilité à la mort) ? Un partenaire engagé est l’ultime groupe d’appartenance ; avec un peu de chance, vous aimez votre schmoopie encore plus que vous n’aimez les Red Sox ! Le fait de se concentrer sur cette relation devrait donc permettre d’atténuer efficacement l’anxiété causée par la pensée de la mort. C’est exactement ce que les chercheurs ont constaté : lorsque les gens sont amenés à penser à la mort, ils font état d’un engagement relationnel encore plus fort que d’habitude.1 De même, les participants déclarent vouloir plus d’intimité avec leur partenaire après avoir pensé à la mort.2
Mais ce n’est pas si simple. Penser à la mort ne vous fait pas toujours vous sentir plus engagé dans votre relation. Vous souvenez-vous de ce que nous avons dit à propos du fait d’aimer davantage les personnes qui vous ressemblent, mais moins celles qui ne vous ressemblent pas, lorsque l’on pense à la mort ? Compte tenu de ce que nous savons sur les similitudes dans les couples, on peut s’attendre à des différences entre les couples qui se ressemblent et ceux qui ne se ressemblent pas. Si vous pensez aux similitudes entre vous et votre partenaire et que vous pensez à la mort, votre engagement est plus fort. En revanche, si vous vous concentrez sur vos différences, le fait de penser à la mort vous rend moins engagé dans votre relation.3 Essentiellement, le fait de penser à la mort polarise vos pensées sur la relation. En général, la similitude est une bonne chose dans les relations, et lorsqu’on est confronté à la mort, c’est encore mieux. La dissemblance n’est généralement pas une bonne chose pour les relations, et lorsque la faucheuse vient frapper à la porte, c’est encore pire pour votre relation.
Maintenant que la fin du monde n’a pas eu lieu, comment se passe votre relation ?
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1Florian, V., Mikulincer, M. et Hirschberger, G. (2002). The anxiety buffering function of close relationships : Evidence that relationship commitment acts as a terror management mechanism. Journal of Personality and Social Psychology, 82, 527-542.
2Hirschberger, G., Florian, V. et Mikulincer, M. (2003). Strivings for romantic intimacy following partner complaint or partner criticism : A terror management perspective.Journal of Social and Personal Relationships, 20, 675-687.
3Strachman, A. et Schimel, J. (2006). Terror management and close relationships : Evidence that mortality salience reduces commitment among partners with different worldviews. Journal of Social and Personal Relationships, 23, 965-978.

Benjamin Le – Articles surla science des relations | Site web/CV
Les recherches du Dr Le portent sur l’engagement, notamment sur les facteurs associés à l’engagement et sur son rôle dans la promotion du maintien de la relation. Il a publié des articles sur la rupture, la séparation géographique, l’infidélité, les réseaux sociaux, la cognition, la satisfaction des besoins et les émotions dans les relations.