Ce que les robots peuvent nous apprendre sur l’intimité : Les effets rassurants de la réactivité des robots

À l’avenir, les robots pourront jouer divers rôles d’assistance, tels que l’aide à domicile, l’assistance bureautique, les soins infirmiers, la garde d’enfants, l’éducation et les soins aux personnes âgées. Lorsque nous en serons là, les gens pourront partager leur vie personnelle avec des robots, ce qui, à son tour, pourra créer des relations personnelles à long terme dans l’esprit des humains. Les robots domestiques, par exemple, pourraient aider les humains à effectuer les tâches ménagères ; ils pourraient les divertir, leur enseigner de nouvelles compétences ou les encourager à faire de l’exercice. Les robots peuvent aider les gens à pratiquer des passe-temps tels que la menuiserie ou la bijouterie, ou aider les enfants à faire leurs devoirs et à suivre leurs cours de musique. Dans tous ces rôles, les robots peuvent être amenés à surveiller les humains avec lesquels ils interagissent et à s’engager dans des interactions de soutien.

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Par exemple, un robot travaillant dans un établissement de soins pourrait apporter son soutien en écoutant les expériences et les souvenirs des personnes âgées. La façon dont un robot répond à la communication humaine dans de tels scénarios peut avoir un effet profond sur divers résultats personnels et relationnels, notamment la perception du robot par l’homme, le sentiment de soutien et de sécurité de l’homme, la volonté de l’homme de continuer à interagir avec le robot et le bien-être général de l’homme.

La recherche en psychologie sociale nous apprend que le fait de percevoir une autre personne comme sensible à nos besoins est inhérent à la formation de liens affectifs. La réactivité perçue du partenaire, c’est-à-dire son soutien et sa validation de nos propres besoins émotionnels, est bénéfique pour le bien-être personnel et relationnel, car elle signifie que l’on peut compter sur l’autre personne pour nous soutenir de manière fiable.1 Malheureusement, les compétences sociales dont font preuve de nombreux robots soignants ne sont pas suffisamment efficaces pour évoquer le sens approprié de la réactivité qui est caractéristique de la communication et du bien-être humains.2 Dans une étude de recherche récemment publiée,3 nous avons cherché à savoir si la mise en œuvre d’indices de réactivité dans un robot serait suffisamment convaincante pour que ces clés du lien humain soient également évidentes lors de l’interaction avec un objet inanimé. Plus précisément, nous avons cherché à savoir si les humains seraient réceptifs à un soutien réactif de la part d’un robot, utilisant le robot comme un refuge en cas de besoin et comme une base pour devenir plus confiant dans une interaction stressante ultérieure.

Dans deux études, les participants ont raconté un événement personnel à un petit robot de bureau. Pour la moitié des participants, le robot a réagi de manière réactive, en utilisant des gestes (en se concentrant vers l’avant sur les participants, en se balançant doucement d’avant en arrière pour montrer l’animation, et en hochant la tête de manière affirmative en réponse au discours humain) et un texte à l’écran utilisant des actes de langage positifs (par exemple, « Vous devez avoir traversé une période très difficile »). L’autre moitié interagissait avec un robot non réceptif, qui semblait « vivant et à l’écoute » mais ne répondait pas par le langage corporel et utilisait un texte très générique pour indiquer qu’il écoutait (« Veuillez passer à la partie suivante de votre histoire »).

Nous avons constaté que les personnes qui interagissaient avec un robot réactif (a) se sentaient plus positives à l’égard du robot ; (b) avaient plus envie d’utiliser le robot comme compagnon dans des situations stressantes (par exemple, une visite chez le dentiste) ; et (c) leur langage corporel montrait plus de comportements d’approche envers le robot (par exemple, se pencher, sourire, et contact visuel). Nous considérons qu’il s’agit là d’un signe de chaleur et d’intérêt pour un contact étroit. De plus, lorsque les participants ont dû se soumettre à une tâche génératrice de stress (dans notre cas : se présenter à des partenaires romantiques potentiels) après avoir interagi avec le robot, les participants qui ont interagi avec le robot réceptif ont eu une meilleure perception d’eux-mêmes. En d’autres termes, un robot réceptif a permis aux participants de se sentir mieux dans leur peau, ce qui s’est traduit par une meilleure perception de leur valeur en tant que partenaires potentiels lors d’une tâche ultérieure de présentation de soi.

Ainsi, les gens semblent trouver le robot « réactif » convaincant et lui répondent de la même manière qu’ils répondent généralement à des partenaires sociaux, par exemple en recherchant la proximité psychologique du robot à travers leur langage corporel. En outre, les gens peuvent tirer parti des interactions sociales réactives avec un robot pour devenir des partenaires romantiques plus confiants et plus attirants. Dans l’ensemble, notre étude indique qu’un robot réactif pourrait être suffisamment rassurant et convaincant pour créer un sentiment de sécurité qui conduirait ensuite à un meilleur fonctionnement dans des circonstances menaçantes.

1Reis, H. T. et Clark, M. S. (2013). Responsiveness. Dans J. A. Simpson & L. Campbell (Eds.), The Oxford handbook of close relationships (pp. 400-423). New York : Oxford University Press.

2Torta, E., Oberzaucher, J., Werner, F., Cuijpers, R. H., & Juola, J. F. (2012). Attitudes envers les robots d’assistance sociale dans les maisons intelligentes : Results from laboratory studies and field trials. Journal of Human-Robot Interaction, 1, 76-99.

3Birnbaum, G. E., Mizrahi, M., Hoffman, G., Reis, H. T., Finkel, E. J., & Sass, O. (2016). Ce que les robots peuvent nous apprendre sur l’intimité : Les effets rassurants de la réactivité du robot à la divulgation humaine. Computers in Human Behavior, 63, 416-423.

Gurit Birnbaum travaille à l’école de psychologie Baruch Ivcher, au centre interdisciplinaire (IDC) de Herzliya (Israël). Ses recherches portent sur les fonctions sous-jacentes des fantasmes sexuels et sur le rôle alambiqué joué par la sexualité dans le contexte plus large des relations étroites.