Mauvais garçons, gentils garçons, bonnes filles et salopes

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Il existe des oppositions emblématiques avec lesquelles chacun d’entre nous doit composer. La résolution de quelqu’un d’autre n’y changera rien. Allez-vous courir pour gagner ou vous arrêter en chemin pour sentir les roses ? Ferez-vous carrière dans l’empreinte familiale ou suivrez-vous votre cœur ? Allez-vous, jeune homme, céder à votre attirance pour une femme sexy ou vous tourner vers une femme qui ferait une épouse docile et une bonne mère ?

Depuis des temps immémoriaux, les femmes se présentent sous deux stéréotypes : les vierges et les putains. Au XXIe siècle, il est plus probable que l’on assiste à une atténuation de ces stéréotypes en opposant la « gentille fille » à la « méchante » ou à la « salope ». La moindre tenue vestimentaire ou comportementale perçue peut faire basculer une femme de l’un à l’autre, de manière irrémédiable. Chez les hommes, le choix semble se porter sur le « mauvais garçon » avec une lueur dans les yeux ou sur le « gentil garçon » qui est d’une fadeur affligeante. Le problème de ces dualités séculaires est qu’elles réduisent tout un sexe à une polarité simplifiée, qui n’englobe en aucun cas toutes les variétés de personnes ni même les subtilités de la personnalité d’une personne qui semble correspondre à l’un des stéréotypes.

Il est vrai que lorsque nos hormones sont à leur paroxysme à l’adolescence, les mauvais garçons qui parlent fort, qui plastronnent, qui répondent au regard interrogateur d’une fille par un hochement de tête complice plutôt que par un rougissement, ont un air de danger, d’excitation, de risque. C’est cet air de danger qui entoure le mauvais garçon qui fait son charme. Aucun roman de poche n’a pour couverture un employé de quincaillerie ou un plombier. Il s’agit généralement d’un pirate, d’un cow-boy, d’un chef de bande, d’un symbole d’excitation, et c’est là que réside l’attrait. Pour les hommes comme pour les femmes, celui qui va à l’encontre de nos attentes quotidiennes, celui qui n’est pas comme maman ou papa, est celui avec lequel nous voulons jouer avant de nous installer avec l’autre – la bonne femme ou le gentil garçon.

L’attrait de l’autre, sexy et dangereux, est très compréhensible pour un jeune qui teste ses ailes : « Est-ce que j’ose ? Cela vaut-il la peine de prendre le risque ? » Si la méchante fille se retrouve avec un bébé non désiré ou le méchant garçon avec un casier judiciaire, leur attrait risque d’être considérablement atténué, car c’est le fantasme qui exerce un attrait, pas les tristes réalités.

Si l’on échappe aux expériences de la jeunesse et que l’on fait de « bons » choix de vie (approuvés par la société), cela ne confère pas d’immunité pour l’avenir. Les crises de la quarantaine impliquent souvent une liaison entre elle et le professeur de tennis ou entre lui et la masseuse, toujours avec un attrait pour le sexy, l’interdit ou l’excitation.

Bien sûr, je parle ici de stéréotypes. Je connais moi-même des filles bien qui se sont mises en couple avec des hommes bien et ont mené une vie heureuse, ou des personnes mariées qui se sont enfuies avec un voisin, échangeant ainsi un homme bien ou une fille bien contre un autre. J’écris ce billet pour souligner que ces stéréotypes sont toujours bien vivants – il suffit de jeter un coup d’œil aux romans d’amour qui sortent des rayons des librairies – et que la plupart des hommes et des femmes, quelle que soit leur nature, sont tentés, à un moment ou à un autre de leur vie, de se tourner vers un dangereux compagnon de jeu potentiel.

Personnellement, lecteur, nourrissez-vous le désir d’être l’un des stéréotypes qui ne sont pas les vôtres ? Si vous êtes en quarantaine en ce moment même avec une armoire pleine de vêtements, je vous invite à aller jouer. Si vous êtes accompagné d’un partenaire, c’est encore mieux. Pensez à la bonne surprise que ce serait de se retrouver face à un nouveau bad boy ou une nouvelle good girl à table ce soir.