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Chaque printemps, je souffre de l’illusion de l’été. Les trois propositions incompatibles suivantes me semblent toutes vraies au printemps :
- Avec l’arrivée de l’été, je pourrai enfin effectuer une grande partie de ces recherches qui ont été entravées par mes engagements en matière d’enseignement et d’administration au cours de l’année scolaire.
- Lorsque l’été arrivera, j’aurai enfin l’occasion de faire toutes les choses non académiques que j’ai remises à plus tard pendant l’année scolaire : les grands projets d’entretien de la maison, les voyages de vacances vers les quatre nouveaux endroits que je veux visiter, mon projet de rattraper toute l’histoire de la science-fiction de l’époque de l’âge d’or.
- Avec l’arrivée de l’été, j’aurai enfin l’occasion de passer beaucoup plus de temps à me détendre.
L’illusion de l’été est étonnamment robuste. Chaque printemps, je souffre de l’illusion de l’été, j’échafaude de grands projets et je nourris de grands espoirs. Puis, chaque été, lorsque ces espoirs s’effondrent, je me reproche d’être tombé, une fois de plus, dans l’illusion de l’été. Ce schéma est tellement courant et prévisible que je lui ai donné un nom mémorable, l’Illusion d’été, pour me convaincre qu’il s’agit bien d’une illusion et, je l’espère, ne pas y retomber. Et pourtant, je retombe dans l’illusion. De manière fiable, l’illusion s’effondre vers la fin du mois de juillet.
Vous pourriez penser que l’illusion d’été dépend du fait que vous n’envisagez qu’une seule des trois propositions à la fois. Vous pourriez penser que cela fonctionne de la manière suivante : parfois, j’accepte la proposition 1 (je vais mener à bien mes recherches !) et à d’autres moments, différents, j’accepte la proposition 2 (je vais mener à bien tous mes autres projets !). À d’autres moments, différents, j’envisage la proposition 2 (je vais mener à bien tous mes autres projets !). Et à d’autres moments encore, j’envisage la proposition 3 (je vais enfin avoir beaucoup de temps pour me détendre !).
C’est en grande partie le cas. Et pourtant, l’illusion de l’été survit également à l’examen simultané des trois propositions. Même en regardant les propositions côte à côte comme cela, je suis tenté de les croire. Une partie de moi pense que les trois ne peuvent évidemment pas être vraies, comme je l’ai vu maintes et maintes fois, et pourtant, dans mon cœur, je continue à y croire. Les journées d’été s’étendent si magnifiquement pour correspondre à mes fantasmes.
Il s’agit presque d’une inversion de l’affairisme. Si une période a l’apparence d’une période détendue et peu engageante, elle sert d’aimant à la fantaisie et à la procrastination. J’empile mes projets et mes espoirs dans cette période, sans me rendre compte de la somme d’attentes qui s’accumule de façon démesurée.