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Il ne fait aucun doute que toute personne ayant vécu l’année 2020, une année sans précédent, aura été étrangement familiarisée avec les masques. Alors que nous explorons la « nouvelle normalité », les masques sont devenus des équipements de protection essentiels et de nombreux pays ont rendu le port de ces protections obligatoire dans les espaces publics tels que les magasins et les écoles. Je commence d’ailleurs à me demander si ma petite fille, née pendant le confinement, ne va pas grandir en accessoirisant ses peluches avec des masques.
D’une manière très peu scientifique, j’ai même commencé à classer les gens en fonction du type de masque qu’ils choisissent :
- Le type survivaliste. Ce type est reconnaissable de loin. Ils portent généralement des protections qui rappellent les masques à gaz et gardent une bonne distance de cinq mètres par rapport à toutes les autres personnes dans la rue.
- Le type efficace. Ces personnes ont une approche directe et optent généralement pour un masque chirurgical jetable.
- Le type élégant. Cette catégorie préfère les jolis masques en tissu à motifs à la couleur bleue formelle et à l’aspect médical des masques chirurgicaux.
- Le type expressif. Légèrement plus créatifs, les membres de ce groupe optent généralement pour des masques faits maison, cousus ou tricotés à la main, qui affichent souvent un message audacieux en matière de mode ou même de politique.
- Le type excentrique. Cette dernière catégorie se distingue par ses choix de masques inhabituels. Pour rester en sécurité, ils peuvent réutiliser des articles ménagers tels que des lunettes de natation, des sacs en papier, des serviettes hygiéniques ou même des réservoirs d’eau en plastique. Chacun à sa manière.
S’ils sont portés correctement, les masques peuvent réduire la transmission virale, mais certains chercheurs ont mis en garde contre l’obligation d’en généraliser l’usage. Une raison importante qui sous-tend leurs appels à la prudence est un phénomène décisionnel communément appelé « compensation des risques ».

Qu’est-ce que la compensation des risques ?
Le concept de compensation des risques est issu du domaine de la psychologie de la décision et décrit la tendance des gens à prendre plus de risques lorsqu’ils se perçoivent et perçoivent leur environnement comme sûr. Cela peut conduire à une réaction comportementale curieuse lorsqu’on leur présente de nouvelles mesures de sécurité. Les interventions visant à protéger les personnes peuvent créer un faux sentiment de sécurité et favoriser ainsi des comportements plus risqués. Prenons les trois exemples suivants :
1. Afin d’améliorer sa condition physique et son bien-être, Matt, fumeur invétéré, s’est récemment mis au yoga. Sachant que les cours de vinyasa au rythme rapide réduisent son risque de développer des problèmes de santé cardiaque, il ne se préoccupe plus autant de la cigarette occasionnelle et finit même par fumer plus fréquemment.
2. Lors d’un examen de routine, le médecin d’Anna constate une carence en vitamine D, ce qui accroît le risque de perte de densité osseuse. En conséquence, elle commence à prendre des suppléments multivitaminiques quotidiens. Sachant qu’elle reçoit les doses quotidiennes recommandées de toutes les vitamines essentielles, elle ne fait plus attention à son alimentation. Alors qu’elle veillait auparavant à manger plusieurs portions de fruits et de légumes par jour, elle passe désormais plusieurs jours sans manger de légumes verts.
3. Pour son dixième anniversaire, Sonia reçoit un vélo flambant neuf. Elle est impatiente de l’essayer, mais ses parents ne la laissent pas quitter la maison tant qu’elle ne porte pas un équipement de protection complet comprenant un casque, des genouillères et des coudières. Avec tous ces rembourrages supplémentaires, Sonia se sent en sécurité sur son nouveau vélo et roule beaucoup plus vite que d’habitude.
Les exemples ci-dessus montrent comment des mesures destinées à réduire les risques peuvent créer un faux sentiment de sécurité. De manière contre-intuitive, elles pourraient inciter les gens à être moins prudents. La compensation des risques a été démontrée par plusieurs études de recherche, dont une grande partie s’est concentrée sur l’efficacité des réglementations relatives aux casques de sécurité. Lors d’une expérience en laboratoire, on a constaté que les participants équipés d’un casque prenaient plus de risques que leurs homologues non protégés. Une autre étude a suggéré que les cyclistes casqués cherchaient à prendre plus de risques en utilisant moins les pistes cyclables.
Les masques créent-ils un faux sentiment de sécurité ?
Tout comme les mesures de santé et de sécurité mentionnées dans les exemples ci-dessus, il est possible que l’obligation de se couvrir le visage n’apporte pas tous les avantages escomptés au départ. Il ne fait aucun doute que les directives actuelles partent d’une bonne intention, mais elles pourraient finir par promouvoir un faux sentiment de sécurité et inciter les gens à relâcher d’autres comportements respectueux de la santé, tels que la distanciation sociale ou le lavage des mains. Ainsi, les directives imposant le port de vêtements couvrant le visage pourraient s’avérer contre-productives dans la lutte contre la propagation du COVID-19 et d’autres maladies respiratoires.
Cela signifie-t-il que nous devrions renoncer à nous couvrir le visage ? Certainement pas. Tout d’abord, malgré les preuves antérieures de la compensation des risques, toutes les recherches n’ont pas été concluantes sur le sujet. Des études supplémentaires avec des plans expérimentaux plus rigoureux pourraient être nécessaires. En outre, on sait très peu de choses sur les réactions comportementales aux mesures de sécurité dans le contexte spécifique du COVID-19. Néanmoins, les premières études suggèrent une efficacité limitée des masques faciaux pour contenir les maladies respiratoires en dehors des environnements hospitaliers.
Dans l’ensemble, nos connaissances actuelles justifient une approche prudente de l’élaboration de nouvelles lignes directrices de santé publique pour le COVID-19 ou d’autres maladies. Il est important de rappeler que le port du masque doit être associé à d’autres comportements sanitaires, tels que le lavage fréquent des mains, pour une efficacité maximale. En outre, il serait possible de cibler les lignes directrices relatives à l’utilisation obligatoire des masques de protection sur un nombre restreint de zones à haut risque. Cela permettrait d’attirer l’attention sur les environnements particulièrement risqués et, partant, de maintenir la vigilance et les efforts de la population pour se conformer à d’autres recommandations sanitaires.
Avez-vous remarqué des changements dans vos autres comportements en matière de santé lorsque vous portez un masque ? Il peut être utile d’être attentif aux signes de compensation des risques afin d’assurer votre sécurité et celle des autres.

