🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 II • DJI Mini 4 Pro • MacBook Pro M4

Pour de nombreuses personnes, leur maison est un lieu de refuge. Un endroit où se regrouper, se détendre et se ressourcer. Un havre où l’on peut échapper à la routine du travail et se ressourcer auprès de ceux que l’on aime.
Pendant la quarantaine, cependant, la maison est perçue un peu différemment. Autrefois connue comme le château proverbial, elle devient une forteresse pour les personnes qui prennent les problèmes de contagion au sérieux. Une structure sanitaire, stérile, avec des règles strictes. Les membres de la famille, inquiets d’avoir été infectés la dernière fois qu’ils sont sortis, pratiquent la distanciation sociale même à l’intérieur de la maison, si l’espace le permet.
Les colis livrés à la porte d’entrée doivent être laissés à l’extérieur et, après un certain temps de sécurité, sont rapidement introduits à l’intérieur par un membre de la famille désigné, ganté et masqué, et soigneusement désinfectés avant d’être ouverts.
Néanmoins, au fil des jours, les personnes confinées à la maison s’installent dans une nouvelle routine. Les télétravailleurs transforment le salon familial en bureau à distance, les enfants organisent leur chambre en salle de classe improvisée. Et la vie continue, tout en nous rappelant que cela aussi passera.
Mais même lorsque la période de quarantaine est terminée, l’expérience laisse-t-elle des traces psychologiques ? La recherche apporte des éléments de réponse.
Inconvénient du terrain
Laura Hawryluck et al. ont étudié l’expérience de la quarantaine dans le cadre de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), dont ils notent qu’elle a finalement été contenue avec succès grâce à des mesures de quarantaine à l’échelle mondiale[i]. Reconnaissant l’efficacité des procédures de quarantaine pour prévenir la propagation de la maladie, ils ont examiné ses effets psychologiques sur les personnes qui ont été confinées.
Ils ont étudié l’impact psychologique de la quarantaine sur un échantillon de 129 personnes à Toronto, au Canada. Les participants, qui ont répondu à une enquête sur Internet, ont fait état d’une forte incidence de détresse psychologique.
Plus précisément, les chercheurs ont découvert des symptômes de stress post-traumatique(SSPT) et de dépression chez respectivement 28,9 % et 31,2 % des personnes interrogées. Ils ont également noté que des périodes de quarantaine plus longues étaient liées à une incidence plus élevée de symptômes de stress post-traumatique. Les personnes qui ont été directement exposées au SRAS ou qui ont connu une personne chez qui le SRAS avait été diagnostiqué ont également été associées au SSPT et aux symptômes dépressifs.
Hawryluck et al. décrivent le SSPT comme « un trouble anxieux caractérisé par l’évitement des stimuli associés à un événement traumatique, la reviviscence du traumatisme et l’hyperexcitation, telle qu’une vigilance accrue ». Ils notent que l’augmentation des symptômes du SSPT était directement proportionnelle à l’augmentation du temps passé en quarantaine, ce qui suggère peut-être que l’expérience de la quarantaine elle-même peut être vécue comme un traumatisme personnalisé.
Les questions d’argent : L’impact psychologique de la détresse financière
Hawryluck et al. ont constaté que les symptômes de dépression et de stress post-traumatique augmentaient à mesure que les revenus des ménages diminuaient. Mais il est difficile de parvenir à un résultat définitif dans ce domaine en raison de la méthodologie utilisée. Comme l’enquête était basée sur Internet, les auteurs notent que les répondants étaient peut-être plus susceptibles d’être plus aisés et plus éduqués, et d’avoir accès à des ordinateurs. Si c’est le cas, ils reconnaissent que les résultats de l’étude pourraient sous-estimer la détresse psychologique causée par la quarantaine.
Ils notent également que la plupart des participants à leur étude n’ont pas fait état de difficultés financières, ce qui s’explique probablement par le fait que plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré un revenu annuel de leur ménage supérieur à 75 000 dollars canadiens.
L’information comme antidote à l’anxiété
Hawryluck et al. ont notamment indiqué qu’environ la moitié des personnes interrogées avaient le sentiment de ne pas avoir reçu suffisamment d’informations sur les méthodes de lutte contre les infections à domicile. Et parmi ceux qui avaient au moins reçu des informations, tous ne suivaient apparemment pas les recommandations.
Les auteurs notent qu’il est particulièrement intéressant de noter que l’adhésion stricte aux mesures de contrôle des infections, y compris le port de masques plus souvent que recommandé, était liée à des niveaux de détresse plus élevés. En ce qui concerne la raison de ce résultat, ils notent que sans interroger les personnes interrogées, il est impossible de déterminer si les personnes présentant des niveaux de détresse de base plus élevés étaient plus susceptibles de suivre strictement les méthodes de contrôle de l’infection, ou si le fait de suivre les stratégies recommandées créait des niveaux de détresse plus élevés.
Le pouvoir de l’information
Il semble que cette recherche permette de tirer plusieurs enseignements qui pourraient atténuer l’inconfort lié à cette perturbation de la routine. Tout d’abord, en ce qui concerne la valeur d’une information précise, la connaissance est un pouvoir, ce qui peut diminuer l’anxiété lorsque les familles ont une connaissance pratique des mesures de précaution qui sont efficaces et appropriées.
En outre, investir dans une bonne technologie est de l’argent bien dépensé lorsqu’elle permet aux employés de travailler à domicile. Cela vaut non seulement pour les travailleurs indépendants, mais aussi parce que tous les employeurs ne peuvent pas fournir à leurs employés l’équipement nécessaire pour travailler à distance.
Le thème sous-jacent est qu’en matière d’acquisition d’informations, la proactivité n’engendre pas la paranoïa, mais la préparation. Des conseils judicieux émanant d’experts et faisant autorité permettront aux familles de se mettre à l’abri tout en restant saines d’esprit et financièrement saines.
Références
[i] Laura Hawryluck, Wayne L. Gold, Susan Robinson, Stephen Pogorski, Sandro Galea et Rima Styra, « SARS Control and Psychological Effects of Quarantine, Toronto, Canada », Emerg Infect Dis. 2004 Jul ; 10(7) : 1206-1212. DOI : 10.3201/eid1007.030703.

