Points clés
- Le traumatisme peut être un événement ou une émotion.
- Les émotions proviennent de nos pensées et non des situations.
- Un exercice écrit de trois minutes peut vous aider à changer votre façon de penser et vos émotions.

Qu’est-ce qu’un traumatisme? Le diable se cache dans les détails.
Le traumatisme peut se référer à un événement, par exemple une blessure physique comme une commotion cérébrale lorsque vous avez trébuché et que vous vous êtes cogné la tête. Il peut également s’agir d’une émotion, par exemple le fait de se sentir traumatisé lorsqu’un supérieur hiérarchique vous crie dessus.
Dans le premier cas, la chute a causé votre traumatisme physique. Dans le second, la situation n’est pas aussi claire. On pourrait dire que votre façon de penser a en fait indirectement contribué à votre traumatisme émotionnel. En effet, les émotions proviennent de votre réflexion sur les situations, et non des situations elles-mêmes.
Décortiquons cette idée : votre patron qui vous crie dessus constitue la situation déclenchante. Mais il se peut que vous vous soyez perturbé et que vous vous soyez senti traumatisé en pensant à cette situation malheureuse. En fait, chaque fois que vous ressentez une émotion, qu’elle soit liée à un traumatisme ou à une situation plus bénigne, comme la déception à propos du temps qu’il fait, votre sentiment à l’égard de l’événement est généré par votre pensée. Dans ce cas, ce pourrait être : « J’avais prévu de faire un pique-nique, je suis donc triste qu’il pleuve maintenant ».
Il s’agit d’un type particulier de pensée qui provoque des perturbations émotionnelles, parfois même des perturbations émotionnelles que nous qualifions de traumatismes. Il s’agit de penser en termes d’exigences, de « doit », de « devrait », de « supposé » et de « nécessité absolue ». Les trois principales exigences sont les suivantes : a) je dois ou j’ai besoin de bien faire et d’être approuvé, sinon je ne suis pas bon ; b) les autres doivent ou ont besoin de bien me traiter, sinon ils ne sont pas bons ; et c) j’ai besoin que ma vie soit juste, facile et sans tracas, sinon elle n’est pas bonne.
La pratique d’un exercice écrit de trois minutes peut vous aider à changer votre point de vue, ce qui peut entraîner un changement d’émotions.
Par exemple :
A : (Événement déclencheur) Mon superviseur m’a crié dessus.
B : (Croyance irrationnelle) J’ai absolument besoin de l’approbation de mon supérieur.
C : (Conséquence émotionnelle indésirable) Extrêmement angoissé, traumatisé.
D : (Contestation ou remise en question de votre croyance irrationnelle) Qu’est-ce qui prouve que j’ai besoin de l’approbation de mon superviseur ?
E : (Nouvelle réflexion efficace ou réponse à la question) Bien que je préfère fortement avoir l’approbation de mon superviseur, il n’y a pas de preuve, de données ou de logique qui prouvent que c’est une nécessité absolue. Le fait qu’elle me crie dessus est dommage, mais ce n’est pas la fin de mon monde. J’ai survécu à ses critiques par le passé et j’y survivrai cette fois-ci. L’attitude de mon superviseur est une grande gêne, mais pas une horreur. Je n’aime pas cet état de fait, mais je peux supporter ce que je n’aime pas. Ce n’est pas mon patron qui me crie dessus ou qui me critique qui cause ma détresse, mon angoisse et ma souffrance, mais plutôt mes pensées irrationnelles et mes besoins qui sont en cause, et avec beaucoup d’entraînement, je peux changer mes pensées. Je peux apprendre à m’accepter inconditionnellement comme l’être humain imparfait que je suis malgré les critiques de cette personne, même si je n’aimerai jamais qu’elle me critique.
F : (Nouveau sentiment résultant de E) Très déçu et mécontent, pas traumatisé ou blessé.
Rédiger un EMT une seule fois n’est pas la clé pour changer votre façon de penser. Il ne s’agit pas d’une solution miracle ou d’un apprentissage en un seul essai. Il s’agit plutôt de l’écrire et d’y réfléchir encore et encore. L’objectif ultime consiste à changer votre point de vue sur vous-même, sur les autres et sur les conditions de votre vie. Il s’agit de considérer vos objectifs, petits et grands, à court et à long terme, comme des préférences plutôt que comme des exigences.