
Dans ce symposium de la réunion 2015 de la SPSP, quatre chercheurs (dont Tim Loving et Fred Clavel, qui sont des habitués de SofR) ont présenté leurs travaux sur la manière dont les relations amoureuses sont affectées par les réseaux sociaux qui les entourent.
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Lisa Diamond a ouvert le bal en expliquant que les couples homosexuels sont plus stressés que les couples hétérosexuels, car l’homosexualité est davantage stigmatisée. Dans son étude, 120 couples (hommes-femmes, hommes-hommes, femmes-hommes) se sont présentés au laboratoire pour discuter d’un conflit récent. Il est intéressant de noter que le fait que les couples de même sexe se sentent marginalisés par la communauté au sens large (c’est-à-dire qu’ils se sentent acceptés par la société ou non) ne semble pas prédire la négativité au cours de la discussion sur le conflit. En revanche, s’ils se sentaient marginalisés ou inférieurs au sein de la famille de leur conjoint (la belle-famille), cela posait des problèmes au sein du couple. Le fait de ne pas se sentir également accepté au sein de la famille du conjoint était associé à un comportement plus négatif/hostile, à une plus grande escalade du conflit (il devient rapidement intense) et à un ratio plus élevé d’interactions négatives par rapport aux interactions positives. Le Dr Diamond a suggéré que les couples de même sexe peuvent ressentir une plus grande détresse dans leur relation si leur cercle proche d’amis ou de famille les désapprouve, plutôt que si la société dans son ensemble les désapprouve.
Ben Karney a présenté des données issues des travaux de son étudiante Grace Jackson sur les réseaux sociaux et la race/l’ethnicité. Des études antérieures ont montré que dans les communautés à faibles revenus, les couples afro-américains sont plus susceptibles de divorcer que les couples caucasiens ou hispaniques. Mais pourquoi ? L’une des réponses est que les réseaux sociaux peuvent affecter les couples différemment au sein d’une même ethnie. Pour cette étude, les chercheurs ont recruté des couples dans des quartiers à faibles revenus de Los Angeles (mesurés par leur code postal) et leur ont posé une série de questions tous les 9 mois sur une période de 4 ans. Dans l’ensemble, le fait que les partenaires connaissent les amis de l’autre ou aient des amis communs est lié à un plus grand bonheur pour les épouses (mais pas nécessairement pour les maris), mais les effets sont beaucoup plus marqués pour les couples noirs que pour les couples blancs. Le Dr Karney a suggéré que les couples blancs sont plus « insulaires » (c’est-à-dire qu’ils sont moins influencés par le fait d’avoir des amis communs ou que chaque partenaire connaisse les amis de l’autre) que les couples noirs qui sont fortement influencés par ces variables.
Fred Clavel s’est également intéressé à la race/ethnie, et son étude a porté sur des couples afro-américains de l’Iowa et de la Géorgie sur une période de six ans, de 2007 à 2012. L’équipe de recherche a cherché à savoir si l’environnement externe (variables de voisinage) pouvait influer sur la perception qu’ont les partenaires du soutien et de l’aide apportés par l’autre dans la gestion du stress. Ils ont évalué les variables de voisinage, notamment les désordres sociaux (p. ex. bâtiments cassés, activité des gangs, graffitis), les désavantages économiques (p. ex. taux de chômage, difficultés financières) et les préjugés/discriminations (p. ex. tensions entre les groupes ethniques). Les résultats ont montré que lorsque les personnes subissaient davantage de contraintes financières et de désordres socio-économiques (par exemple, le chômage), elles percevaient leurs partenaires comme moins solidaires. Cela suggère donc que les variables de voisinage affectent négativement la communication dans la relation. En revanche, la discrimination raciale a eu l’effet inverse : elle a été liée à la perception d’un plus grand soutien de la part des partenaires ! M. Clavel admet que ces résultats sont déconcertants, mais il suggère que lorsque les couples ont le sentiment d’être victimes de discrimination raciale, cela active un état d’esprit différent de celui des couples qui subissent des frustrations économiques. En fait, si les partenaires afro-américains se considèrent mutuellement discriminés par la société, ils seront plus conscients de leurs vulnérabilités respectives, ce qui pourrait les inciter à se soutenir et à se protéger activement l’un l’autre.
Enfin, Tim Loving a expliqué comment les couples peuvent ou non suivre un chemin traditionnel de développement de la relation. Nous connaissons tous la comptine « d’abord vient l’amour, puis vient le mariage, puis vient le bébé dans le landau ». Que se passe-t-il si les gens s’écartent de cette progression traditionnelle (par exemple, si leur fréquentation est trop rapide ou s’ils ont des relations sexuelles avant de rencontrer les amis de l’autre) ? L’équipe du Dr Loving a demandé à 330 personnes mariées si elles pensaient avoir suivi une voie typique ou différente des autres couples, ainsi que l’approbation de leur famille et de leurs amis, et enfin la satisfaction conjugale. Il s’est avéré que les personnes qui pensaient faire les choses « dans les règles de l’art » ressentaient davantage l’approbation et le soutien de leur réseau social et étaient plus heureuses dans leur mariage. Les réponses des célibataires, qui ont évalué le mariage récent d’un ami, ont donné des résultats similaires. Interrogés sur le mariage de leurs amis, les célibataires approuvaient et soutenaient davantage leurs amis s’ils pensaient que ceux-ci suivaient le chemin typique d’une relation, et ils étaient également plus susceptibles de manifester un soutien comportemental à l’égard de ces couples.
Toutes ces études montrent que les réseaux sociaux (amis/famille), le voisinage et les normes sociétales ont tous des effets profonds sur les relations amoureuses et que les couples peuvent ne pas être conscients de l’impact de ces variables sur eux. Le Dr Loving a également suggéré que les travaux futurs examinent si ces normes sociétales sont différentes dans les cultures non américaines.

Dr. Dylan Selterman – Articles surla science des relations – Site web/CV
Les recherches du Dr Selterman portent sur la personnalité sûre et la personnalité insécure dans les relations amoureuses. Il étudie la façon dont les gens rêvent de leurs partenaires romantiques et comment les rêves nocturnes sont associés au comportement diurne. En outre, Dylan étudie les questions liées à la moralité et à l’éthique dans les relations, notamment l’infidélité, la trahison et la jalousie. ![]()