« Tu m’écoutes ? La froideur avec laquelle on considère les succès d’un partenaire laisse les relations sur la glace

Lorsqu’un événement important se produit dans notre vie personnelle, il est passionnant de le partager avec nos proches. Mais il vous est probablement arrivé un jour ou l’autre de divulguer une bonne nouvelle qui n’a pas été accueillie avec le degré d’excitation ou d’encouragement que vous espériez. Il peut être décevant – voire irritant – d’obtenir une réponse tiède alors que l’on s’attendait à un intérêt ardent de la part de l’autre personne. Le processus qui consiste à parler aux autres de nos succès et à obtenir une réaction positive s’appelle la « capitalisation », et des recherches suggèrent qu’il a des effets bénéfiques sur les relations amoureuses.

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La capitalisation est associée à des relations plus heureuses

Les réactions de capitalisation actives et constructives (c’est-à-dire celles qui se caractérisent par l’attention, l’encouragement et l’enthousiasme) sont associées à une plus grande intimité, à une plus grande satisfactionconjugale1 et à une plus faible probabilité de rupture.2 En fait, la capitalisation est plus fortement associée au bien-être et à la stabilité de la relation que le soutien face aux événements négatifs.2 Cette constatation suggère que la façon dont les membres du couple se soutiennent mutuellement dans les bons moments peut être encore plus importante que la façon dont ils se comportent dans les mauvais moments. La capitalisation peut améliorer la qualité de la relation en raison du sentiment d’être compris et pris en compte – après tout, répondre positivement aux bonnes nouvelles d’un partenaire envoie le message que ses sentiments et ses réalisations sont appréciés. D’ un autre côté, un manque de réponses chaleureuses pourrait mettre la relation en danger de mourir de froid.

En réagissant positivement aux bonnes nouvelles d’un partenaire, on lui fait comprendre que ses sentiments et ses réalisations sont appréciés.

Qui est exposé au risque d’une mauvaise capitalisation ?

Le style d’attachement décrit la manière dont les partenaires romantiques se lient l’un à l’autre et repose sur les objectifs sous-jacents de la relation (par exemple, proximité ou indépendance) et sur les stratégies de gestion de la détresse relationnelle. Les personnes ayant un niveau élevé d’évitement de l’attachement valorisent la distance émotionnelle, ne sont pas à l’aise pour dépendre de leur partenaire et ont tendance à faire face à la détresse relationnelle en s’appuyant excessivement sur elles-mêmes ou en se retirant de la situation. Compte tenu de ces caractéristiques, il n’est pas surprenant que les personnes à l’attachement évitant aient du mal à tirer parti des réussites de leur partenaire et à reconnaître la réceptivité des autres.3 Dans une étude,4 101 couples sont venus au laboratoire et ont révélé à tour de rôle un événement positif important à l’autre. Il est important de noter que l’événement devait concerner la vie personnelle de l’individu en dehors de la relation (par exemple, une bonne note, une offre d’emploi, une reprise de contact avec un vieil ami). Par la suite, les membres du couple ont rempli indépendamment un questionnaire sur leur propre réactivité et celle de leur partenaire. En outre, des observateurs formés ont évalué les enregistrements vidéo des discussions pour y déceler des réponses actives et constructives (par exemple : « C’est génial ! Dites-m’en plus ! »). Cette approche a permis d’obtenir une image objective du comportement réel du couple par rapport à la perception qu’ ont les participants de leur réactivité dans l’interaction.

En plus de sous-estimer les efforts de capitalisation de leur partenaire par rapport aux observateurs formés, les résultats indiquent que les partenaires plus attachés à l’évitement ont déclaré être moins réceptifs et ont été évalués comme se comportant de manière moins réceptive, en particulier si leur partenaire divulgateur était plus attaché à l’anxiété. En d’autres termes, si vous aimez la distance émotionnelle, il est peu probable que vous vous montriez très intéressé lorsque votre partenaire collant partage un événement positif. Bien que cette étude n’ait examiné que les interactions positives (capitalisation), les personnes ayant un attachement évitant montrent des tendances similaires lors d’une discussion sur un conflit relationnel : par rapport aux évaluations du comportement d’observateurs tiers, les personnes ayant un attachement évitant plus élevé se montrent moins réceptives à la fois à leur propre comportement et à celui de leur partenaire.5

Ces études indiquent que l’évitement de l’attachement est un facteur de risque a) d’être moins réceptif aux nouvelles positives d’un partenaire et b) de ne pas percevoir la réceptivité des autres à ses propres nouvelles positives. Le fait de percevoir les autres comme non réceptifs pourrait s’expliquer en partie par une prophétie auto-réalisatrice : peut-être les personnes évitantes partagent-elles moins d’informations personnelles, ce qui empêche leurs partenaires de bien réagir, ce qui amène les personnes évitantes à considérer leurs partenaires comme moins réceptifs. Heureusement, le fait d’avoir un partenaire plus solidement attaché (moins anxieux) semble atténuer l’effet négatif de l’évitement de l’attachement sur la réactivité.4 Le fait que les personnes évitantes réagissent le moins bien lorsque leur partenaire est très anxieux pourrait s’expliquer par le fait que l’aspiration des personnes anxieuses à la proximité et à l’affirmation repousse le partenaire évitant, ce qui entraîne une capitalisation moins efficace. Mais même dans les paires anxieux-évitant, il semble possible pour les partenaires de mieux reconnaître les opportunités de capitalisation et d’apprendre des façons plus positives de répondre.

Ainsi, la prochaine fois que votre bien-aimé(e) vous fera part d’un succès personnel, n’oubliez pas qu’un « félicitations » sincère contribue grandement à attiser ces sentiments chaleureux qui soutiennent le bonheur de la relation.

1Gable, S. L., Reis, H. T., Impett, E. A. et Asher, E. R. (2004). Que faites-vous lorsque les choses vont bien ? The intrapersonal and interpersonal benefits of sharing positive events. Journal of Personality and Social Psychology, 87, 228-245.

2Gable, S. L., Gonzaga, G. C. et Strachman, A. (2006). Serez-vous là pour moi quand les choses iront bien ? Supportive responses to positive event disclosures. Journal of Personality and Social Psychology, 91, 904-917.

3Gosnell, C. L. et Gable, S. L. (2013). Attachement et capitalisation des événements positifs. Attachment & Human Development, 15(3), 281-302.

4Shallcross, S. L., Howland, M., Bemis, J., Simpson, J. A. et Frazier, P. (2011). Ne pas « capitaliser » sur les interactions de capitalisation sociale : The role of attachment insecurity. Journal of Family Psychology, 25(1), 77-85.

5Beck, L. A., Pietromonaco, P. R., DeBuse, C. J., Powers, S. I., & Sayer, A. G. (2013). Spouses’ attachment pairings predict neuroendocrine, behavioral, and psychological responses to marital conflict. Journal of Personality and Social Psychology, 105(3), 388-424.

Jana Rosewarne Articles

Les recherches de Jana portent sur les relations étroites et les émotions positives. Elle s’intéresse particulièrement à l’impact des variables individuelles et du comportement interpersonnel sur le bien-être personnel et le fonctionnement optimal des relations.

Source de l’image : relationsense.com