Le soutien dans le développement des amitiés : Pourquoi nous donnons plus que nous ne recevons

Il est fort probable qu’à un moment donné, vous ayez souhaité devenir plus proche d’une personne que vous aimiez bien mais que vous ne connaissiez pas bien. Comment devez-vous vous y prendre pour nouer cette relation ? Par exemple, si vous et votre nouvel ami potentiel vous rendez ensemble à un événement, devez-vous lui proposer de venir le chercher ou lui demander de vous raccompagner ? Et si, au lieu de cela, vous accompagniez quelqu’un qui est déjà votre meilleur ami ? Quelle est la probabilité que votre choix de proposer ou de demander à être raccompagné change ? Une étude menée par des chercheurs de l’université de Yale sur la manière dont les gens apportent leur soutien dans le cadre de leur amitié montre pourquoi la proximité d’une amitié peut influencer la probabilité d’offrir ou de demander du soutien dans des situations de la vie quotidienne.1

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Les chercheurs ont recruté des participants âgés de 18 à 65 ans pour répondre à une enquête en ligne visant à déterminer la fréquence à laquelle les gens offrent ou demandent le soutien d’un ami existant. Les chercheurs ont assigné au hasard aux participants l’image d’un ami occasionnel ou d’un ami proche. Pour chaque condition, les participants ont indiqué la probabilité qu’ils offrent ou demandent du soutien à leur ami. Par exemple, les chercheurs ont demandé au participant s’il était susceptible de proposer à son ami de le conduire à la gare s’il avait besoin de le faire, et aux autres participants s’ils étaient susceptibles de demander à leur ami de les conduire.

Conformément aux prévisions, les participants étaient généralement plus enclins à offrir du soutien qu’à en rechercher ; toutefois, la probabilité de rechercher du soutien variait selon que les participants considéraient un ami occasionnel ou un ami proche. Lorsqu’ils pensaient à un ami occasionnel, les participants préféraient surtout offrir leur soutien. Dans le cas d’un ami proche, cependant, les participants étaient tout aussi enclins à demander et à offrir du soutien. Une deuxième étude, réalisée en laboratoire et consistant à présenter à des paires d’amis la possibilité de demander ou d’offrir du soutien, a donné des résultats similaires.

Le Dr Lindsey Beck, premier auteur de l’étude, donne un aperçu de la préférence générale des gens à offrir du soutien plutôt qu’à en rechercher. Elle explique : « Lorsqu’une personne offre son soutien, elle peut se présenter comme réceptive, généreuse et compétente, ce qui laisse supposer qu’elle sera une bonne amie. À l’inverse, lorsqu’une personne demande du soutien, elle peut apparaître comme trop nécessiteuse ou trop en droit pour être un bon ami. » Une fois que les gens passent du statut d’amis occasionnels à celui d’amis proches, il est logique que le déséquilibre entre l’offre et la demande de soutien diminue : comme les amis proches sont plus à l’aise les uns avec les autres, la demande et l’offre de soutien devraient être guidées par les besoins de chacun.

Ce raisonnement et les résultats de l’étude s’alignent sur le modèle de régulation du risque dans les relations étroites.2 Fondamentalement, le modèle suggère que les gens s’inquiètent davantage de paraître vulnérables et de risquer d’être rejetés au cours des premières étapes d’une relation, lorsque la confiance n’a pas encore été établie. Lorsqu’une personne offre son aide dans le cadre d’une amitié naissante, elle peut paraître généreuse et digne d’amitié sans révéler sa vulnérabilité comme elle le fait lorsqu’elle demande de l’aide. L’objectif est double : (1) promouvoir la relation et (2) se protéger d’un éventuel rejet. Une fois que les gens se sentent à l’aise et qu’ils offrent également leur soutien, ils peuvent s’ouvrir à la demande de soutien et au développement d’une amitié plus étroite. Dans tous les cas – qu’il s’agisse de donner ou de recevoir – rester sensible aux besoins d’un ami et avoir confiance qu’il fera de même peut contribuer à promouvoir et à maintenir une relation durable et mutuellement satisfaisante.

1Beck, L.A. et Clark, M.S. (2009). Offering more support than we seek. Journal of Experimental Social Psychology, 45, 267-270.

2Murray, S. L., Holmes, J. G. et Collins, N. L. (2006). Optimizing assurance : The risk regulation system in relationships. Psychological Bulletin, 132, 641-666.

Jana Rosewarne Articles

Les recherches de Jana portent sur les relations étroites et les émotions positives. Elle s’intéresse particulièrement à l’impact des variables individuelles et du comportement interpersonnel sur le bien-être personnel et le fonctionnement optimal des relations.

Gary Lewandowski – Articles | Site web/CV

Les recherches du Dr Lewandowski portent sur le rôle du moi dans les relations amoureuses et plus particulièrement sur l’expansion de soi. Il est l’auteur de dizaines de publications destinées à des publics universitaires et non universitaires et est membre du comité de rédaction du Journal of Social and Personal Relationships.

Source de l’image : buzzfeed.com