Comme dans n’importe quel pensionnat grouillant de jeunes, Poudlard déborde d’hormones en furie. Nos trois personnages principaux (Harry, Ron et Hermione) ne vivent pas seulement l’angoisse d’essayer de vaincre Celui qui ne doit pas être nommé; ils essaient aussi de maîtriser le pouvoir de leur propre attirance l’un pour l’autre. Nous pouvons mieux comprendre leurs échecs et leurs réussites en considérant chacun de ces personnages sous l’angle de la théorie de l’attachement, l’une des perspectives les plus populaires sur les relations amoureuses.
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La théorie de l’attachement a été proposée pour la première fois par John Bowlby après la Seconde Guerre mondiale et, depuis lors, elle a fait l’objet de milliers de recherches. Bowlby a remarqué que si les enfants sont séparés de leurs parents à un âge précoce, leurs futures relations amoureuses risquent d’en souffrir. Bowlby, ses élèves et de récents spécialistes des relations amoureuses ont proposé trois « styles d’attachement » spécifiques, qui s’apparentent à des personnalités que nous manifestons dans le cadre d’une relation. Ces « styles » proviennent de nos premières relations parentales et définissent nos schémas d’action (ou d’inaction) pour le reste de notre vie. Heureusement, les trois personnages principaux de « Harry Potter » illustrent ces styles d’attachement d’une manière très pratique.
Hermione Granger est l’exemple parfait du style d’attachement « sécure ». Nées de parents qui les soutiennent sans les étouffer, les personnes sécurisées sont confiantes, se sentent libres d’exprimer leurs émotions et sont heureuses de faire confiance aux autres. Bien que nous ne voyions pas beaucoup les parents d’Hermione dans la série de livres (ou de films), les lecteurs apprennent qu’ils ont confiance en elle et qu’ils la soutiennent totalement, mais qu’ils se montrent inquiets lorsqu’elle est en danger. Hermione projette donc ce style sur ses propres expériences amoureuses d’adolescente. Lorsque Ron montre à plusieurs reprises qu’il est trop peureux pour l’inviter à sortir, elle passe rapidement à quelqu’un d’autre (Viktor Krum). Elle est jalouse lorsque Ron commence à sortir avec une camarade de classe (Lavande), mais elle attend patiemment qu’il se rende compte qu’elle est un meilleur choix. En résumé, son estime de soi et sa confiance dans les autres et en elle-même montrent qu’elle est sécurisée, ce qui est considéré comme le style d’attachement le plus sain.
L’objet de son affection, Ron Weasley, n’est certainement pas en sécurité – il est ce qu’on appelle « anxieux/ambivalent ». La caractéristique des parents qui produisent des enfants anxieux/ambivalents est l’incohérence. Les Weasley aiment certainement leurs enfants, mais ils sont soit en train de leur crier dessus (par exemple, en utilisant des « hurleurs »), soit simplement distraits et donc pratiquement absents. Il en résulte des enfants qui ne savent pas trop où ils en sont dans leurs relations, qui aspirent toujours à l’amour, mais qui ne sont jamais sûrs de l’obtenir. Ron montre ce style d’attachement dans son désir pour Hermione, et dans son doute qu’elle lui rende la pareille. Au lieu de cela, il sort avec des idiotes comme Lavande parce qu’elles ne risquent rien. La personnalité relationnelle de Ron se caractérise par la jalousie, l’attachement et, par-dessus tout, l’insécurité.
Enfin, Harry présente ce que l’on peut considérer comme le style d’attachement le moins sain : craintif (ou parfois appelé « évitant »). Les parents biologiques de Harry étaient certainement aimants, mais il ne les a jamais vraiment connus. Au contraire, ses parents adoptifs étaient cruels, abusifs et manifestement dégoûtés par lui. C’est ce qui explique le style craintif de Harry, qui repousse tous les autres, ne croyant jamais que les relations lui apporteront un quelconque réconfort. Harry préfère tout faire seul, ce qu’il prouve à chaque fois qu’il doit relever un défi. Dans ses relations, il évite d’admettre qu’il aime quelqu’un, et lorsqu’il ne peut plus le nier, sa réponse est de ne rien faire. Son béguin monstrueux pour Cho Chang le laisse impuissant, et ce n’est que lorsqu’elle lui fait des avances qu’ils arrivent à quelque chose. Il en va de même pour Ginny ; il se contente de l’observer de loin jusqu’à ce qu’elle l’embrasse après un match de Quidditch réussi.
Que réserve l’avenir à Harry ? La plupart des théoriciens de l’attachement diraient que si le changement est possible, il est difficile. Ainsi, sans spoiler la fin de la saga, la théorie prédit que Harry vivra ou mourra malheureusement seul. Même s’il parvient à nouer temporairement une relation, son évitement, son manque de confiance dans les autres et sa peur de se laisser aimer finiront par devenir une prophétie qui se réalisera d’elle-même. Il faudra plus que de la magie pour aider Harry à trouver l’amour.
Pour plus d’informations sur la théorie de l’attachement, voir cet article ou ces ressources :
Hazan, C. et Shaver, P. R. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process « , Journal of Personality and Social Psychology, 52, 511-524.

Wind Goodfriend – Articles | Website/CV
Les recherches du Dr Goodfriend portent sur les préjugés cognitifs dans les relations amoureuses, c’est-à-dire sur la façon dont les partenaires se perçoivent mutuellement de manière subjective plutôt qu’objective. Ces biais peuvent parfois être positifs, mais ils peuvent aussi perpétuer des relations malsaines ou violentes.
Source de l’image : digitalspy.com