J’ai un certain bagage. Je ne connais personne à mon âge et à mon « expérience » qui n’en ait pas. Mariages multiples, enfants, quelques ex fous… J’ai fait l’inventaire et je sais ce que j’apporte à bord lorsque je reprends le train des relations amoureuses. Alors, comment puis-je faire bonne impression lors d’une rencontre tout en traînant un Samsonite surdimensionné rempli de mes expériences passées ?
🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 II • DJI Mini 4 Pro • MacBook Pro M4
Certaines personnes n’ont aucun mal à cacher leurs bagages dans un compartiment supérieur ou sous leur siège lors des premiers rendez-vous, mais mes bagages ne sont pas si faciles à dissimuler. Après avoir dit aux hommes que je n’ai qu’une soirée par semaine sans enfant pour sortir avec eux, je dois malheureusement leur expliquer que je suis une mère célibataire qui a la garde complète de ses enfants, ce qui en rebute plus d’un. L’un des avantages des rencontres en ligne est que je peux, en principe, jeter un coup d’œil sur le bagage à main d’un homme avant même que nous nous rencontrions. Les profils Internet contiennent de nombreuses informations, dont certaines peuvent être interprétées comme positives ou négatives, telles que l’état civil ou le niveau d’éducation. Si quelqu’un met quelque chose de négatif dans son sac, l’internet offre un moyen facile de gérer l’impact que cela pourrait avoir sur un rendez-vous potentiel, plus que dans la vie réelle.1 Par exemple, il m’est plus facile de raconter mon passé en tapant sur mon clavier, seul sur un ordinateur personnel, que dans la vie réelle lors d’un rendez-vous après avoir bu quelques verres de vin.
La théorie de l’autoprésentation stipule que les gens utilisent des stratégies pour présenter des aspects positifs et éviter les aspects négatifs de leur personne afin de créer une bonne impression.2 En supposant qu’un homme veuille toujours sortir avec moi après que j’ai expliqué ma disponibilité limitée par e-mail, comment puis-je utiliser au mieux les stratégies d’autoprésentation lors de notre rendez-vous réel ?
Un exemple concret : La plupart des conseils que l’on m’a donnés au fil des ans en matière de relations amoureuses consistaient à éviter les sujets tels que la politique et les relations passées lors des premiers rendez-vous. Cette semaine, j’ai eu un rendez-vous avec « le consultant ». D’après son profil, il a des enfants, il est légalement séparé et nous sommes tous deux intéressés par une relation sérieuse (c’est-à-dire pas du tout). Il est intelligent, cultivé, séduisant et me fait rire aux éclats. En raison de ce que les psychologues appellent le biais de négativité, nous accordons plus d’attention aux faits négatifs qu’aux faits positifs et leur donnons plus de poids dans notre perception des autres.3 Sachant qu’il était légalement séparé avant même notre premier rendez-vous, je n’arrêtais pas de me demander ce qu’il en était. Devrais-je m’inquiéter de son statut de séparé ? J’ai divorcé plus d’une fois et je ne suis pas sûre de vouloir discuter de son statut marital lors de nos premiers rendez-vous. Devrais-je même en parler ? Je ne voulais pas dévoiler prématurément ses secrets, et encore moins les miens.
La divulgation de soi4 est un précurseur important de l’intimité, et nous apprécions davantage les personnes qui divulguent des informations positives5 plutôt que négatives.6 Je n’ai peut-être pas envie d’une relation sérieuse dans l’immédiat, mais j’aimerais avoir une relation intime et enrichissante à un moment donné. C’est donc là que réside le problème. Comment la divulgation de soi peut-elle être rythmée le plus efficacement possible afin de ne pas ouvrir la boîte de Pandore trop tôt ? J’aimerais parler de nos bagages respectifs parce que je veux mieux connaître le consultant ; mais le problème, c’est qu’une telle révélation peut nous faire fuir l’un l’autre avant même que nous n’ayons eu l’occasion de le faire.
Tous les personnages apparaissant dans cet ouvrage sont fictifs. Toute ressemblance avec des personnes réelles, vivantes ou décédées, est purement fortuite.
Vous souhaitez en savoir plus sur les relations ? Cliquez ici pour d’autres sujets sur la science des relations. Likez-nous sur Facebook pour recevoir nos articles directement dans votre fil d’actualité.
1Gibbs, J. L., Ellison, N. B. et Heino, R. D. (2006). Self-presentation in on-line personals. The role of anticipated future interaction, self-disclosure, and perceived success in internet dating. Communication Research, 33, 152-177
2Schlenker, Barry R. (1980). Impression Management : The Self-Concept, Social Identity, and Interpersonal Relations. Monterey/Californie : Brooks/Cole.
3Fiske, S. T. (1980). Attention and weight in person perception : The impact of negative and extreme information. Journal of Personality and Social Psychology, 38, 889-906.
4Archer, J. L. (1980). Self-disclosure. Dans D. Wegner & R. Vallacher (Eds.), The self in social psychology, pp. 183-204. Londres : Oxford University Press.
5Collins, N. L., & Miller, L. C. (1994). Self-disclosure and liking : A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 116, 457-475.
6Greene, K., Derlega, V. L., & Mathews, A. (2006). Self-disclosure in personal relationships. Dans A. Vangelisti & D. Perlman (Eds.), Cambridge handbook of personal relationships, pp. 1268-1328. Cambridge, UK : Cambridge University Press.
Dr. Jennifer Harman – Adventures in Dating… | Science of Relationships articles | Website/CV
Les recherches du Dr Harman portent sur les comportements relationnels qui exposent les personnes à des risques de problèmes de santé physique et psychologique, comme la façon dont les sentiments et les croyances en matière de risque (par exemple, la prise de risques sexuels) peuvent être biaisés dans une relation. Elle étudie également le rôle du pouvoir dans l’engagement relationnel.
Source de l’image : coolintl.com