L’ocytocine fait disparaître la masculinité

Nous avons déjà écrit sur les types de visages que les femmes trouvent attirants (voir ici et ici). Outre ces études, l’une des conclusions les plus connues de la littérature sur l’attractivité faciale est que les femmes manifestent une préférence pour les visages plus masculins lorsqu’elles sont en période d’ovulation, mais ont en fait tendance à préférer les visages moins masculins, ou plus féminisés, lorsqu’elles ne sont pas susceptibles de concevoir un enfant. Pourquoi ce changement de préférence ? La théorie veut que plus de traits masculins = meilleure qualité génétique, mais la masculinité s’accompagne de tout un bagage, comme le fait d’être moins soucieux du bien-être des autres, d’être moins honnête, etc. Il est clair que ce bagage n’est pas de bon augure pour une relation à long terme. Pour maximiser les résultats, les femmes préfèrent donc la masculinité lorsque c’est important (c’est-à-dire pendant l’ovulation), mais se tournent ensuite vers des types plus nourriciers le reste du mois, car les hommes masculins ne sont tout simplement pas aussi dignes de confiance.

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Dans une étude absolument géniale publiée dans Psychoneuroendocrinology, Theodoridou et ses collègues ont mis la théorie à l’épreuve en manipulant les sentiments de confiance des femmes et des hommes, puis en examinant dans quelle mesure ils préféraient les visages masculins et féminins (chez les femmes comme chez les hommes). Comment ont-ils procédé ? Ils ont utilisé des inhalateurs nasaux pour administrer de l’ocytocine, un neuropeptide (c’est-à-dire une substance chimique) qui, entre autres, peut accroître le sentiment de confiance. Ils ont utilisé un inhalateur nasal parce que c’est le moyen le plus facile de s’assurer que l’ocytocine passe la barrière hémato-encéphalique (bien plus facile que de planter une aiguille dans le cerveau des gens). L’idée était que la masculinité serait préférée dans les visages masculins, en général, si l’on modifiait chimiquement le sentiment général de confiance des gens, les rendant moins susceptibles de considérer la masculinité comme associée à de mauvaises caractéristiques sociales. Ils ne s’attendaient pas à un changement dans la préférence pour les visages féminins, étant donné que la féminité est déjà préférée de toute façon. Les sujets ont ensuite été confrontés à une série de visages masculins et féminins modifiés numériquement, dont l’équilibre entre les caractéristiques masculines (par exemple, une mâchoire plus carrée) et féminines (par exemple, un visage plus rond) pouvait être modifié par un glissement de souris d’ordinateur. Les participants devaient « modifier » les visages pour les rendre plus masculins ou plus féminins en faisant glisser la souris vers la gauche ou vers la droite jusqu’à ce que le visage soit « aussi attrayant que possible ».

Que s’est-il passé ? Les sujets masculins et féminins ayant reçu de l’ocytocine (par rapport à un placebo) ont montré une préférence pour la masculinité dans les visages masculins, mais pas dans les visages féminins. En effet, même les hommes ont eu tendance à aimer les hommes plus masculins lorsque leur niveau de confiance a été augmenté (probablement parce qu’ils pouvaient cesser de s’inquiéter que l’homme-ordinateur ne les batte pas ou ne leur vole pas leur partenaire). Quant aux femmes, l’ocytocine les a aidées à oublier les caractéristiques négatives typiquement associées à la masculinité, tout en préservant la supériorité génétique des hommes. Il faut aimer la science !

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Theodoridou, A., Rowe, A. C., Rogers, P. J. et Penton-Voak, I. S. (2011). L’administration d’ocytocine entraîne une préférence pour les visages masculins masculinisés. Psychoneuroendocrinology, 36, 1257-1260.

Dr Tim L ovingScience of Relationships articles | Website/CV
Les recherches du Dr Loving portent sur l’impact sur la santé mentale et physique des transitions relationnelles (par exemple, tomber amoureux, rompre) et sur le rôle des amis et de la famille au cours de ces transitions. Il est rédacteur en chef adjoint de la revue Personal Relationships et a été financé par le National Institute of Child Health and Human Development (Institut national de la santé infantile et du développement humain).

image source : theonlineallergist.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...