La connexion avec la nature favorise la connexion avec les autres

Le contact avec la nature est tout simplement agréable. Rien n’égale le sentiment de sérénité que l’on éprouve en se promenant tranquillement dans les bois, en écoutant l’eau couler sur les rochers d’un ruisseau ou en admirant l’immensité d’un magnifique panorama naturel. Il est évident que, dans l’instant, ces lieux tranquilles nous font du bien. Mais le contact avec la nature a-t-il des effets à plus long terme en se répercutant sur d’autres aspects de notre vie après cette exposition à la nature ? Et comment cela se produit-il ? La nature affecte-t-elle notre humeur ou notre motivation à agir de manière prosociale ?

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Il est difficile de mener des travaux empiriques qui répondent directement à ces questions, mais une équipe de chercheurs a récemment créé une série de trois expériences de laboratoire astucieuses imitant des dilemmes du monde réel pour aider à déterminer si le fait de se connecter à la nature affecte notre comportement futur.1

Les participants à l’étude ont été invités à jouer à un « jeu de pêche », une tâche informatique sur le thème de l’environnement qui comportait à la fois des éléments de coopération et de compétition. Essentiellement, les participants devaient choisir entre des éléments de conservation (maintenir la population de poissons) et de gain personnel (tirer profit de la pêche). Les participants, dont l’adversaire était l’ordinateur, devaient trouver le « meilleur » équilibre pour leur jeu. Bien qu’ils aient été encouragés à jouer de manière coopérative afin que les poissons ne disparaissent pas à cause de la surpêche, ils ont également dû évaluer leur propre potentiel de profit (c’est-à-dire qu’ils ont payé une petite somme pour attraper un poisson, mais ont reçu une somme plus importante pour chaque poisson attrapé). Pour l’essentiel, les comportements impliqués dans le jeu favorisaient soit la durabilité, soit l’avidité.

Il est important de noter que les chercheurs ont divisé les participants à l’étude en deux groupes, chacun étant exposé à une vidéo légèrement différente avant de jouer au jeu de pêche. Un groupe a regardé une vidéo sur la nature (dans deux expériences, une vidéo sur la Terre ; dans une expérience, une vidéo promouvant une émotion positive contre une vidéo promouvant une émotion négative) avant de jouer au jeu, tandis que l’autre groupe, dans toutes les expériences, a regardé des vidéos neutres (sur le thème de l’architecture) avant de jouer au jeu.

Le visionnage de la vidéo sur la nature a-t-il eu une incidence sur la façon dont les participants ont joué au jeu ? En effet ! Les participants exposés à la vidéo sur la nature se sont comportés de manière plus coopérative que les participants exposés à la vidéo neutre sur l’architecture. Cette augmentation du comportement coopératif s’est produite quel que soit le type de scène de nature visionnée, qu’il s’agisse de la vidéo de la Terre ou d’une vidéo suscitant une émotion positive ou négative. Ce n’est donc pas l’état d’esprit suscité par le fait d’être dans la nature qui est en cause, mais simplement le fait d’être en contact avec la nature. N’oublions pas non plus que les personnes du groupe ayant regardé une vidéo de la nature se sont contentées de regarder une vidéo de la nature – elles n’ont pas été exposées à des situations « réelles » dans la nature. En outre, ceux qui regardaient des vidéos sur la nature avant le jeu étaient moins susceptibles de connaître une « extinction » des poissons (dans la condition expérimentale où il y avait de nombreux tours de jeu) que ceux qui regardaient des vidéos neutres.

Cette recherche a des implications importantes sur la façon dont nous nous entendons les uns avec les autres (et avec la nature) et sur le rôle de la nature dans les décisions que nous prenons. Les résultats suggèrent que le fait d’être en contact avec la nature nous incite à agir d’une manière généralement plus respectueuse de l’écosystème (et, par extension, des autres personnes avec lesquelles nous partageons la planète) et peut nous amener à devenir moins égocentriques. Nous voyons comment nos actions peuvent avoir un effet sur des choses plus grandes que nous. Certes, cette étude s’est concentrée sur les comportements des individus lorsqu’ils « jouaient » contre un ordinateur ; imaginez s’il y avait davantage d’interaction humaine dans le jeu ou l’interaction, par exemple en communiquant directement avec une autre personne. Ou si ce jeu se déroulait après une connexion réelle avec la nature (et pas seulement une brève vidéo), par exemple après une randonnée réparatrice dans les bois.

1Zelenski, J.M., Dopko, R.L., Capaldi, C.A. (2015). La coopération est dans notre nature : L’exposition à la nature peut promouvoir un comportement coopératif et durable sur le plan environnemental. Journal of Environmental Psychology 42, 24-31.

Dr. Marni Amsellem

Marni Amsellem, docteur en psychologie clinique (Washington University in St. Louis), est une psychologue clinicienne agréée, spécialisée dans la psychologie de la santé. Elle est consultante en recherche auprès d’hôpitaux, d’organisations et d’entreprises, ainsi que praticienne. Ses recherches portent sur la façon dont la santé physique et les comportements liés à la santé affectent les individus et leurs relations, et vice versa. Vous pouvez la joindre via twitter @smartpsychreads. Related Posts Plugin for WordPress, Blogger... Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...