Un couple à deux ? Ce que la similitude des profils Facebook révèle sur les couples

Les gens présentent une grande partie de leur vie publique (et privée !) sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook. Il n’est donc pas surprenant que le comportement des couples sur Facebook ait attiré l’attention des chercheurs en relations amoureuses ces dernières années. Sur ScienceOfRelationships.com, nous avons abordé de nombreux aspects du comportement des partenaires sur Facebook, notamment la manière dont les couples se présentent publiquement sur Facebook (y compris le « relfie » de plus en plus courant), le « harcèlement » et la jalousie des partenaires sur Facebook, et ce qui se passe lorsque les partenaires doivent gérer leur rupture sur Facebook. Un autre sujet de conversation très courant parmi les utilisateurs de Facebook concerne la correspondance (ou l’absence de correspondance) entre les expériences réelles des personnes et ce que nous voyons sur les profils Facebook de ces mêmes personnes – un sujet auquel un court métrage devenu viral en 2014 a fait écho.

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Cette concordance entre la vie « réelle » et la vie sur Facebook peut amener à se demander dans quelle mesure les profils Facebook des partenaires reflètent leurs expériences réelles en tant que couple. Lorsque les partenaires ont de nombreux points communs entre leurs profils, cela signifie-t-il qu’ils sont vraiment aussi proches qu’ils en ont l’air ? Récemment, une équipe de chercheurs s’est penchée sur cette question dans le cadre d’une enquête menée auprès de 46 couples.1 Plus précisément, les chercheurs se sont demandé si les déclarations des partenaires sur leur proximité (mesurée en demandant aux partenaires dans quelle mesure ils se sentaient imbriqués ou pensaient qu’ils étaient « pareils » l’un à l’autre) correspondaient à l’étendue des recoupements entre leurs profils Facebook. Ils ont également cherché à savoir si les expériences relationnelles réelles en matière d’investissement dans la relation, d’engagement, de qualité des alternatives (par exemple, d’autres partenaires potentiels) et de satisfaction globale dans la relation – toutes connues pour prédire les sentiments de chevauchement des partenaires l’un par rapport à l’autre – prédiraient de la même manière le chevauchement des profils Facebook des partenaires.

Les chercheurs ont mesuré les sentiments de chevauchement des partenaires à l’aide de l’échelle d’inclusion de l’autre dans le soi (IOS)2. Cette échelle présente des paires de cercles qui se chevauchent à des degrés divers, chacun représentant les deux membres d’un couple (certains se chevauchent à peine, tandis que d’autres se chevauchent presque entièrement). Il est simplement demandé aux individus de choisir la paire de cercles qui décrit le mieux leur relation. Les chercheurs ont également mesuré le chevauchement des profils par le biais de ce qu’ils ont appelé « l’inclusion de l’autre dans le soi sur Facebook ». Cette nouvelle mesure se compose de trois ratios de contenu Facebook : 1) le nombre d’amis communs d’un couple (c’est-à-dire d’amis en commun) par rapport au nombre total d’amis d’un individu, 2) le nombre de photos incluant les deux membres du couple par rapport au nombre total de photos d’un partenaire individuel, et 3) le nombre de « j’aime » Facebook mutuels (c’est-à-dire d’intérêts partagés) par rapport au nombre total de « j’aime » d’un individu.

Il s’avère que la similitude entre les profils de deux partenaires est une information utile ; le chevauchement des profils nous renseigne sur les relations du couple. Les partenaires qui ont l ‘impression de se chevaucher ou de ne faire qu’un avec leur partenaire ont tendance à avoir des profils Facebook qui se chevauchent davantage avec les profils Facebook de leur partenaire. En outre, les partenaires qui se disaient plus engagés et ceux qui avaient davantage investi dans leur relation avaient tendance à avoir des profils comprenant plus d’amis communs, de photos communes et d’appréciations mutuelles (ce qui n’était pas le cas des partenaires qui se sentaient plus satisfaits). Il est intéressant de noter que lorsque les personnes déclarent que les alternatives à leur relation sont de faible valeur, elles ont tendance à avoir plus de chevauchements de profils Facebook avec leurs partenaires, mais ne déclarent pas nécessairement avoir le sentiment de chevauchement avec leurs partenaires. Selon les auteurs, l’opinion des gens sur les alternatives pourrait être plus étroitement liée à la similarité des profils Facebook parce que les profils Facebook comprennent des fils d’actualité, qui fournissent aux utilisateurs individuels des informations de dernière minute sur et à partir d’alternatives potentielles. Pour les partenaires dont les profils se chevauchent fortement, un plus grand nombre de ces alternatives potentielles sont des amis communs, ce qui pourrait réduire l’attrait de ces autres personnes (bien que cette affirmation n’ait pas encore été testée).

Cette étude montre que l’expérience des médias sociaux peut nous renseigner sur la dynamique des relations dans la vie réelle. Peut-être qu’en ce qui concerne Facebook, les couples qui semblent proches peuvent en effet se sentir plus engagés et investis dans leur relation. Quant à savoir si le chevauchement des profils des partenaires peut être utilisé pour améliorer les relations, cela reste à voir. Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez vous faire une idée plus précise de votre degré de proximité avec votre partenaire, Facebook pourrait être un bon point de départ.

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1Castañeda, A. M., Wendel, M. L. et Crockett, E. E. (2015). Overlap in Facebook profiles reflects relationship closeness (Le chevauchement des profils Facebook reflète la proximité des relations). The Journal of Social Psychology, 155(4), 1-7.

2Aron, A., Aron, E. N., & Smollan, D. (1992). Inclusion of other in the self-scale and the structure of interpersonal closeness. Journal of Personality and Social Psychology, 63(4), 596-612.

Fred Clavél, M.A. – Articles surla science des relations
Fred s’intéresse à la dynamique du soutien social dans les couples romantiques, aux effets du contexte sur les relations, aux relations et à la santé et au bien-être, ainsi qu’aux questions relatives au soi dans les relations. Ses recherches s’appuient principalement sur les théories de l’échange social, de l’attachement, de la motivation et de la cognition sociale.

Source de l’image : uncached.com Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...