Une formation académique précoce peut nuire aux enfants à long terme

« Les enfants doivent maîtriser le langage des choses avant de maîtriser le langage des mots ». – Friedrich Froebel, fondateur des jardins d’enfants, 1837

Je me souviens d’une amie qui enseignait l’anglais à des enfants italiens de 6 ou 7 ans. Elle était constamment harcelée par les parents qui insistaient pour que les enfants apprennent quelque chose sur la grammaire anglaise. Ils ne se rendaient pas compte que leurs enfants n’avaient pas encore les capacités logiques et de raisonnement nécessaires pour comprendre les fonctions des noms, des verbes et des temps. Mon ami a essayé d’expliquer cela aux parents, mais ils n’ont jamais été vraiment convaincus. Heureusement, mon ami a refusé de céder et les enfants ont continué à apprendre l’anglais en jouant, en chantant et en dessinant.

🔥 Produits recommandés : Canon EOS R6 IIDJI Mini 4 ProMacBook Pro M4

Mais on voit bien ce que veulent les parents. Leur raisonnement erroné consiste à dire que plus tôt on commence à se familiariser avec les matières scolaires, mieux on se porte et plus on progresse. Ils veulent que les enfants commencent de plus en plus tôt à apprendre les lettres, les chiffres, les devoirs et les feuilles de travail.

La recherche ne soutient pas les normes du socle commun

La plupart des recherches montrent que ces parents ont tout à fait tort. La situation n’est pas arrangée par le fait que les normes du socle commun définies par les autorités éducatives américaines exigent que les enfants commencent à lire et à compter dès le plus jeune âge. Or, les jeux et expériences linguistiques et d’alphabétisation sont les activités qui peuvent jeter les bases permettant aux enfants de devenir des lecteurs experts. Pourquoi commencer trop tôt ?

« Le véritable objet de toute vie humaine est le jeu. La terre est un jardin de travail ; le ciel est un terrain de jeu » – G.K. Chesterton

Une expérience des années 1930 toujours d’actualité

L.P.Benezet était un directeur d’école qui a mené des expériences très intéressantes dans les années 1930 à Manchester, dans le New Hampshire. Il a demandé à certains enseignants de supprimer l’arithmétique de la première à la cinquième année.

« Depuis quelques années, j’avais remarqué que l’introduction précoce de l’arithmétique avait pour effet d’émousser et presque de chloroformer les facultés de raisonnement de l’enfant. » – L.P. Benezet

Cette suggestion était scandaleuse à l’époque. Mais les résultats ont été stupéfiants. Les enfants qui avaient abandonné l’arithmétique ont appris à compter et à mesurer les choses. On leur a également demandé de parler de sujets qui les intéressaient plutôt que de réciter des choses qu’ils avaient apprises par cœur. L’idée était de leur donner une expérience pratique des nombres, mais aussi de leur apprendre à communiquer et à raisonner logiquement.

ADVERTISING

Au moment de l’entrée en sixième année, les enfants qui avaient fréquenté les classes expérimentales obtenaient de bien meilleurs résultats aux tests portant sur les problèmes d’histoire et avaient une bien meilleure compréhension des nombres et des mesures. Ils ne réussissaient pas très bien les tests d’arithmétique standard, mais ils ont rapidement rattrapé leur retard. À la fin de la sixième année, ils étaient encore beaucoup plus avancés dans les problèmes d’histoire.

Les pédagogues allemands se méfient avant de mettre en œuvre des changements

Il est également fascinant d’observer ce qui s’est passé plus récemment en Allemagne, dans les années 1970. Il a été proposé de modifier le programme scolaire. Il a été suggéré que l’apprentissage par le jeu était trop important dans les jardins d’enfants. Les législateurs et les pédagogues envisageaient de passer à un programme plus axé sur l’instruction. Mais ils voulaient d’abord mener une expérience.

Ils ont impliqué plus de 100 jardins d’enfants. La moitié d’entre eux devaient utiliser un enseignement de type plus académique, tandis que l’autre moitié devait continuer à tout baser sur le jeu. Il n’y a pas de prix pour deviner quels enfants en sont sortis gagnants. Ceux qui ont étudié par le jeu ont obtenu de meilleurs résultats aux tests de lecture et de mathématiques en quatrième année, et ils étaient plus aptes à faire face aux défis sociaux et émotionnels. À la suite de cette expérience et d’autres, il a été décidé de limiter l’enseignement académique dans les premières années d’éducation.

Laisser les enfants jouer

Les pédiatres et les pédagogues sont aujourd’hui plus que jamais convaincus que le jeu est un élément essentiel du développement de l’enfant en tant que personne à part entière et qu’il est un élément important du bonheur et du bien-être de chacun d’entre eux. C’est ce que confirment de nombreuses recherches et ce que préconisent de grands pédagogues tels que Maria Montessori et Jean Piaget.

Il est essentiel que le temps de jeu des enfants ne soit pas réduit à l’école maternelle ou préscolaire et qu’il ne soit pas non plus submergé par le temps passé devant un écran ou par une formation scolaire précoce. Laissez les enfants jouer et apprendre !

« On parle souvent du jeu comme s’il s’agissait d’un soulagement par rapport à l’apprentissage sérieux. Mais pour les enfants, le jeu est un apprentissage sérieux. Le jeu est vraiment le travail de l’enfance. – Fred Rogers

Crédit photo : kindergarten is fun/woodleywonderworks via flickr.com