S’enrichir pendant les crises : la stratégie des riches révélée

Les périodes de crise économique, qu’elles soient financières, sanitaires ou géopolitiques, sont souvent perçues par le grand public comme des moments de repli, de peur et de préservation. Pourtant, l’histoire récente nous montre un phénomène fascinant et contre-intuitif : c’est précisément pendant ces épisodes de turbulence que les plus grandes fortunes se constituent ou s’accroissent de manière spectaculaire. Entre 2020 et 2021, en pleine pandémie de Covid-19, la fortune des milliardaires américains a bondi de 62%, selon les données de l’Institut for Policy Studies. Cette performance « hallucinante », pour reprendre le terme de la vidéo Finary, n’est pas le fruit du hasard, mais l’application d’une stratégie délibérée et éprouvée.

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Alors que la majorité des investisseurs particuliers voient leurs portefeuilles fondre et cèdent à la panique en vendant à perte, une minorité agit de manière diamétralement opposée. Ils achètent. Cette divergence de comportement est au cœur du fossé qui se creuse entre les résultats financiers des uns et des autres. L’exemple emblématique de Warren Buffett injectant 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs au plus fort de la crise des subprimes en 2008, pour presque doubler sa mise quelques années plus tard, n’est pas une anecdote isolée. C’est l’illustration parfaite d’un principe fondamental : le meilleur moment pour investir est souvent celui où le sentiment général est au pessimisme le plus profond.

Cet article a pour objectif de décrypter les mécanismes qui permettent aux investisseurs avisés de s’enrichir pendant les crises. Nous explorerons non seulement les stratégies concrètes d’allocation d’actifs et de timing, mais aussi la mentalité, la préparation et la gestion du risque qui sous-tendent ces approches. Car, comme le souligne la vidéo, pour que cette stratégie fonctionne, un élément est essentiel : avoir du cash disponible pour investir au moment opportun. Nous verrons comment se préparer, quoi acheter, et comment adopter le bon état d’esprit pour transformer les périodes de crise en véritables opportunités de création de richesse.

Le paradoxe des crises : pourquoi les riches s’enrichissent quand tout le monde perd

Le phénomène semble illogique à première vue. Une crise économique se caractérise typiquement par une baisse des marchés boursiers, une contraction du crédit, une hausse du chômage et un climat de défiance généralisé. Dans ce contexte, comment expliquer que le patrimoine des plus fortunés puisse non seulement résister, mais exploser ? La réponse réside dans la nature même des marchés financiers et dans les interventions des autorités. Les crises créent des distorsions de prix massives. La peur irrationnelle pousse les acteurs à vendre des actifs de qualité à des prix bien en deçà de leur valeur intrinsèque. C’est cette déconnexion entre le prix et la valeur qui ouvre la porte à des opportunités extraordinaires.

Par ailleurs, la réponse systémique à une crise est aujourd’hui bien rodée. Les banques centrales, comme la Fed ou la BCE, interviennent systématiquement en injectant des liquidités colossales dans l’économie via l’assouplissement quantitatif (quantitative easing) et la baisse des taux d’intérêt. Cet argent nouvellement créé finit inévitablement par se déverser dans les actifs financiers (actions, immobilier), faisant remonter leurs prix. Ceux qui ont eu le courage et les moyens d’acheter au plus bas de la crise sont les premiers bénéficiaires de cette remontée. Ils captent la valeur créée par la planche à billets. En somme, les crises opèrent un transfert de richesse massif : des vendeurs paniqués, souvent les petits épargnants non préparés, vers les acheteurs opportunistes et disciplinés qui disposent de réserves de liquidités.

Enfin, les entreprises et les individus les plus riches bénéficient souvent d’un accès privilégié au crédit, même en période de resserrement. Ils peuvent ainsi lever des fonds pour saisir des opportunités (rachats d’entreprises en difficulté, investissements stratégiques) que d’autres ne peuvent même pas envisager. Cette combinaison de liquidités personnelles, d’accès au crédit et d’une vision à long terme crée un environnement idéal pour l’accumulation de richesse pendant les tempêtes économiques.

La mentalité de l’investisseur en temps de crise : contre la foule

La première bataille pour s’enrichir pendant une crise ne se livre pas sur les marchés, mais dans l’esprit de l’investisseur. Adopter la bonne mentalité est un prérequis absolu. La psychologie des marchés est gouvernée par deux émotions primaires : la peur et la cupidité. En période de crise, la peur est omniprésente. Les médias relaient des nouvelles catastrophistes, les graphiques sont en forte baisse, et le discours ambiant est à l’effondrement. Suivre la foule dans ce contexte, c’est-à-dire vendre par peur de perdre davantage, est la garantie de cristalliser ses pertes et de rater la reprise.

Les investisseurs qui réussissent cultivent une discipline de fer et un détachement émotionnel. Ils comprennent que les marchés sont cycliques. La célèbre maxime de Warren Buffett, « Soyez craintifs quand les autres sont avides, et avides quand les autres sont craintifs », résume parfaitement cette philosophie. Cela nécessite de penser en termes de valeur, et non de prix. Un actif qui valait 100 et qui en vaut 50 pendant une crise n’est pas nécessairement une « mauvaise affaire ». Si ses fondamentaux (ses bénéfices, son avantage concurrentiel, son bilan) sont restés solides, il est peut-être devenu une excellente affaire. La crise a simplement offert un rabais temporaire.

Cette mentalité s’accompagne d’une vision à long terme. Les opportunités générées par les crises ne se concrétisent pas en quelques jours ou semaines. Il faut souvent plusieurs années pour que la valeur se rétablisse et que les plus-values se matérialisent. L’investisseur opportuniste doit donc être patient et avoir une tolérance à la volatilité bien supérieure à la moyenne. Il ne cherche pas à « timer » le marché parfaitement (acheter au plus bas absolu), mais à acheter à un prix qu’il estime attractif sur une échelle de temps de 5, 10 ou 15 ans. Cette perspective permet de surmonter la volatilité à court terme et de rester concentré sur l’objectif final : l’accumulation de patrimoine.

L’arme absolue : la trésorerie (le « dry powder »)

Comme le souligne à juste titre la transcription de la vidéo Finary, l’élément essentiel pour profiter d’une crise est d’avoir du « cash pour investir », ce que les Anglo-Saxons appellent le « dry powder » (poudre sèche). Sans liquidités disponibles au moment crucial, la meilleure stratégie du monde reste théorique. La préparation est donc clé. Cela implique de structurer son patrimoine et sa stratégie d’investissement en temps normal pour se créer une réserve d’opportunités.

Concrètement, cela signifie ne pas être toujours investi à 100% de ses capacités. Un investisseur discipliné maintient en permanence une partie de son portefeuille en liquidités ou en actifs très peu risqués (comme des obligations d’État à court terme). Cette part peut varier selon la perception des valorisations du marché. Lorsque les marchés sont hauts et euphoriques, il est prudent d’augmenter progressivement sa trésorerie en vendant une partie de ses positions bénéficiaires. À l’inverse, lorsque les marchés chutent et que la peur règne, cette trésorerie est déployée pour acheter des actifs à prix cassés.

Cette gestion active de la trésorerie est un exercice difficile, car elle va à l’encontre du biais comportemental du « fear of missing out » (FOMO) en période de hausse. Il est tentant de tout investir quand tout monte. Mais c’est précisément cette discipline qui permet de disposer des munitions nécessaires quand les vraies opportunités se présentent. Pour l’investisseur particulier, cela peut se traduire par un virement automatique mensuel sur un compte à terme ou un fonds monétaire, en parallèle de ses investissements réguliers, constituant ainsi un « fonds d’opportunités » dédié. La taille de cette réserve est personnelle, mais une fourchette de 5% à 20% du portefeuille total est souvent évoquée par les gestionnaires.

Où investir pendant une crise ? Les classes d’actifs à privilégier

Tout ne se vaut pas lors d’un rachat en période de crise. La clé est d’identifier les actifs qui ont été injustement punis par le marché mais dont les perspectives à long terme restent intactes, voire se sont améliorées. Voici les principales classes d’actifs à surveiller :

1. Les actions de qualité (« Blue Chips » et dividendes) : Les grandes entreprises cotées, solides financièrement, avec un avantage concurrentiel durable et un historique de distribution de dividendes, sont souvent des valeurs refuges. Leur cours peut baisser avec le marché, offrant un point d’entrée attractif pour capter la reprise et bénéficier de revenus réguliers via les dividendes. Il faut chercher les entreprises avec peu de dette, des flux de trésorerie robustes et un modèle économique résilient.

2. Les indices boursiers larges via les ETF : Pour l’investisseur qui ne souhaite pas sélectionner des titres individuels, investir dans un fonds indiciel (ETF) répliquant un large indice comme le CAC 40 ou le S&P 500 pendant une crise est une stratégie simple et efficace. Cela revient à parier sur la capacité de l’économie à se relever à long terme. Les achats réguliers (averaging down) pendant la baisse permettent de réduire son prix moyen d’achat de manière significative.

3. L’immobilier : Les crises peuvent créer des tensions sur le marché immobilier, avec une baisse des prix, une hausse des défauts de paiement et une raréfaction du crédit. Pour ceux qui disposent de trésorerie, c’est le moment d’acquérir des biens à prix négocié, que ce soit pour de la location (rendement élevé) ou pour une plus-value future. L’immobilier commercial (bureaux, commerces) peut aussi offrir des opportunités, mais il demande une expertise plus pointue.

4. Les matières premières et l’or : L’or a historiquement joué son rôle de valeur refuge pendant les crises, protégeant contre l’érosion monétaire due aux injections de liquidités des banques centrales. D’autres matières premières, comme le pétrole ou les métaux industriels, peuvent voir leur prix s’effondrer en phase de récession, offrant des points d’entrée pour anticiper la reprise de la demande mondiale.

Études de cas : Warren Buffett, la pandémie et la crise de 2008

L’exemple de Warren Buffett en 2008 est un chef-d’œuvre de stratégie anticyclique. Alors que le système financier mondial était au bord de l’effondrement et que les actions de banques chutaient de plus de 50%, Buffett a investi 5 milliards de dollars dans Goldman Sachs. Cet investissement n’était pas un acte de foi aveugle, mais une transaction structurée. Il a pris la forme d’actions privilégiées rapportant un dividende annuel de 10%, avec des bons de souscription (warrants) lui permettant d’acheter des actions ordinaires à un prix fixe très bas. En quelques années, avec le sauvetage du système et la remontée des marchés, Buffett a encaissé des dividendes juteux et exercé ses warrants pour réaliser une plus-value colossale, doublant pratiquement sa mise initiale.

Plus récemment, pendant la crise du Covid-19 en mars 2020, alors que les marchés dévissaient, Buffett a de nouveau été actif, bien que de manière plus sélective. Sa société, Berkshire Hathaway, a investi massivement dans des actions d’entreprises comme Bank of America, Apple (qu’il a accru), et d’autres secteurs frappés de plein fouet. Là encore, l’idée était d’acheter des parts dans des entreprises fondamentalement solides mais temporairement sous-évaluées à cause de la panique. L’explosion de la fortune des milliardaires américains entre 2020 et 2021 (+62%) est directement liée à la reprise fulgurante des marchés actions, dopés par les plans de relance massifs. Ceux qui sont restés investis ou ont acheté pendant le trou d’air de mars 2020 ont été largement récompensés.

Ces cas illustrent des principes communs : agir quand la peur est extrême, privilégier les actifs de qualité avec un avantage durable, structurer ses investissements pour limiter le risque (comme avec les actions privilégiées), et avoir la patience d’attendre que la valeur se réalise. Ce n’est pas de la spéculation, mais de l’investissement valeur appliqué dans des conditions de marché extrêmes.

Les pièges à éviter absolument

S’enrichir pendant une crise est possible, mais le chemin est semé d’embûches. Voici les principaux pièges dans lesquels ne pas tomber :

1. Essayer d’attraper un couteau qui tombe (« catching a falling knife ») : C’est la tentation d’acheter trop tôt, lors des premières baisses, en pensant que le pire est passé. Les crises ont souvent plusieurs phases de baisse. Il est préférable d’attendre une certaine stabilisation ou d’utiliser la technique du « dollar-cost averaging » (investir des sommes fixes à intervalles réguliers) pour lisser son prix d’achat sur toute la durée de la baisse, plutôt que de tout miser d’un coup au premier signe de correction.

2. Investir dans des actifs de mauvaise qualité : La crise révèle les faiblesses. Une entreprise très endettée, avec un modèle économique fragile, peut ne pas survivre à la tourmente. Acheter ses actions à un prix bas n’est pas une opportunité, mais un risque de perte totale. Il faut toujours privilégier la qualité des fondamentaux.

3. Utiliser un effet de levier excessif : Emprunter pour investir (effet de levier) amplifie les gains, mais aussi les pertes. En période de crise extrêmement volatile, un effet de levier même modéré peut entraîner des appels de marge et une liquidation forcée de vos positions à perte. La prudence est de mise.

4. Paniquer et vendre après avoir acheté : Une fois la décision d’achat prise, il faut s’y tenir. Il est très probable que les marchés continuent de baisser après votre achat. C’est normal. Vendre à ce moment-là revient à cristalliser une perte et annule toute la stratégie. Il faut accepter la volatilité à court terme au profit du gain à long terme.

5. Négliger la diversification : Même en période de crise, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Répartir ses investissements entre différentes classes d’actifs (actions, obligations, immobilier, or) et différents secteurs géographiques permet de limiter le risque spécifique.

Comment se préparer dès maintenant pour la prochaine crise

La prochaine crise est une certitude, seule sa date et sa nature sont inconnues. L’investisseur avisé ne la subit pas, il s’y prépare en amont. Voici un plan d’action concret à mettre en œuvre dès aujourd’hui :

1. Construire son matelas de sécurité et sa trésorerie d’opportunités : Avant de penser à investir en crise, assurez-vous d’avoir un fonds d’urgence personnel (équivalent à 3 à 6 mois de dépenses) sur un livret sécurisé. Ensuite, constituez progressivement un « fonds d’opportunités » dédié aux investissements, comme expliqué précédemment.

2. Réviser et renforcer son portefeuille actuel : Profitez des périodes calmes pour auditer vos investissements. Désinvestissez-vous des actifs dont les fondamentaux se dégradent ou qui sont surévalués ? Votre allocation d’actifs correspond-elle à votre tolérance au risque ? Une crise révèle les faiblesses d’un portefeuille mal construit.

3. Éduquer et informer : Lisez, formez-vous à l’analyse financière, étudiez l’histoire des crises passées. Comprendre les mécanismes économiques et le comportement des marchés permet de garder son sang-froid quand la tempête arrive. Suivre des sources d’information variées et de qualité est crucial.

4. Établir une liste de surveillance (« watchlist ») : Identifiez dès maintenant les entreprises, les fonds ou les secteurs qui vous intéressent. Suivez leurs cours, leurs résultats, leur endettement. Lorsqu’une crise survient, vous saurez immédiatement quels actifs acheter et à quel prix vous estimez qu’ils deviennent attractifs. Cela évite de prendre des décisions dans l’urgence et l’émotion.

5. Automatiser et discipliner : Mettez en place des virements automatiques pour votre épargne régulière et votre fonds d’opportunités. La discipline systématique est plus efficace que la volonté fluctuante. En période de crise, cette automatisation peut vous forcer à acheter alors que tout votre être vous dit de fuir, ce qui est souvent la bonne décision.

En appliquant ces principes de préparation, vous ne serez plus un spectateur impuissant de la prochaine crise, mais un acteur prêt à en tirer parti pour renforcer votre patrimoine à long terme.

S’enrichir pendant les crises n’est pas un secret réservé à une élite, mais l’application d’une stratégie accessible à tous, fondée sur des principes simples mais puissants : une mentalité contra-cyclique, une préparation rigoureuse via l’accumulation de trésorerie, et une discipline d’investissement inébranlable. Les exemples de Warren Buffett en 2008 ou de l’explosion des fortunes durant la pandémie de 2020 démontrent que les plus grandes opportunités de création de richesse naissent souvent dans le chaos et la peur généralisée.

Le chemin pour y parvenir exige de combattre ses instincts naturels, de se former, et de planifier bien avant que la tempête n’arrive. Il ne s’agit pas de spéculation hasardeuse, mais d’investissement valeur appliqué avec sang-froid. En comprenant que les injections massives de liquidités des banques centrales finissent toujours par irriguer les actifs financiers, l’investisseur avisé se positionne pour en être le premier bénéficiaire.

Si les concepts de gestion de trésorerie, d’allocation d’actifs et d’investissement contra-cyclique vous intéressent et que vous souhaitez approfondir la gestion stratégique de votre épargne pour être prêt à saisir les prochaines opportunités, des plateformes comme Finary peuvent vous offrir les outils et les insights nécessaires. La clé est de commencer à se préparer aujourd’hui, car la prochaine crise, aussi inévitable qu’imprévisible, sera pour les préparés une formidable opportunité de s’enrichir.

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